Wagenknecht Ukraine: "Milliarden verpulvern" – BSW im | actualites360
Wagenknecht dénonce le soutien à l’Ukraine lors d’un meeting à Berlin, la Suède promet des avions Gripen
BERLIN, 28 mai 2026
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Summary
Sahra Wagenknecht a vivement critiqué l’aide militaire à l’Ukraine lors d’un rassemblement à Berlin, qualifiant ce soutien de "gaspillage de milliards". Parallèlement, la Suède a confirmé la livraison de ses premiers avions de combat Gripen à Kiev pour 2027.
BERLIN, 28 mai 2026
À Berlin, la fondatrice du parti BSW, Sahra Wagenknecht, a qualifié d’"absurde" le fait de "gaspiller des milliards et des milliards pour graisser la patte à M. Selenskyj et à sa clique", lors d’un rassemblement électoral à Schöneberg.
Une attaque frontale contre l’aide occidentale à Kiev
Lors de ce rassemblement qui a réuni quelques centaines de personnes, la dirigeante politique a établi un lien direct entre les dépenses militaires pour l’Ukraine et les restrictions budgétaires en Allemagne. Elle a dénoncé une situation où l’argent semble illimité pour la guerre, mais fait défaut pour les retraites. "Il y a de l’argent à l’infini, mais pour les retraites, on nous dit qu’il faut faire des coupes", a-t-elle lancé à la foule.
Mme Wagenknecht a également accusé l’Ukraine d’utiliser des technologies occidentales pour frapper des installations civiles en profondeur sur le territoire russe. "Quelle est la conséquence ?", a-t-elle interrogé, avant de répondre elle-même : "Et c’est ici, chez nous." La femme politique de 56 ans a confié ressentir une peur de la guerre, un sentiment qu’elle a cherché à amplifier auprès de son auditoire.
Le contexte de cette intervention est celui d’une guerre qui dure depuis plus de quatre ans. La Russie avait attaqué l’Ukraine en février 2022 et occupe actuellement environ un cinquième du territoire ukrainien. Le BSW, parti fondé par Sahra Wagenknecht, avait manqué de peu son entrée au Bundestag lors des élections de 2025.
La Suède officialise la livraison de Gripen pour 2027
Sur le front diplomatique et militaire, la Suède a annoncé une avancée majeure dans son soutien à l’Ukraine. Le gouvernement suédois a confirmé que les premiers avions de combat Gripen seront livrés à Kiev au début de l’année 2027. Cette décision a été qualifiée par le Premier ministre Ulf Kristersson de "décision historique pour la Suède", qui renforcera considérablement la défense aérienne ukrainienne.
L’accord prévoit que l’Ukraine utilisera 2,5 milliards d’euros provenant d’un prêt de l’Union européenne pour acheter jusqu’à 20 avions de combat Gripen de dernière génération. Parallèlement, Stockholm fera don de 16 appareils de la série C, une version plus ancienne. La série E du Gripen est décrite comme étant plus grande et plus lourde que la variante C.
Ces livraisons s’inscrivent dans un calendrier plus large. Un accord de principe avait été signé en octobre 2025, portant sur la possibilité pour l’Ukraine d’acquérir entre 100 et 150 avions Gripen. Lors d’une conférence de presse, le président ukrainien Volodymyr Selenskyj a exprimé l’espoir de pouvoir sécuriser le financement nécessaire pour acheter la totalité des 150 appareils. La livraison des Gripen de nouvelle génération, modèle E, devrait commencer à partir de 2030.
Un calendrier perturbé par les alliés
Le projet de livraison d’avions suédois n’est pas nouveau. La Suède avait initialement prévu de fournir des Gripen dès 2024. Cependant, ces plans ont été suspendus car d’autres alliés considéraient que les avions de combat F-16 étaient plus prioritaires pour les besoins immédiats de l’Ukraine. Cette divergence stratégique a retardé l’arrivée des appareils scandinaves sur le champ de bataille.
Sur le plan financier, le parlement ukrainien a simultanément ratifié un accord de prêt avec l’Union européenne d’un montant de 90 milliards d’euros. Le vote a été largement adopté avec 298 voix pour, alors qu’une majorité de 226 voix était requise. Le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis, a indiqué que si tout se déroulait "comme prévu", Bruxelles procéderait au versement d’une première tranche de 3,2 milliards d’euros dans le cadre de ce programme d’aide financière.
La stratégie électorale du BSW en Saxe-Anhalt
Au-delà de la scène berlinoise, le BSW a officiellement lancé sa campagne pour les élections régionales en Saxe-Anhalt. Un débat avec la fondatrice du parti, Sahra Wagenknecht, et la co-tête de liste Claudia Wittig a donné le coup d’envoi de cette campagne. L’événement a attiré près de 600 personnes dans une salle du Volkspark à Halle, un succès de mobilisation pour la formation politique.
"Donnez-nous une chance", a plaidé Sahra Wagenknecht devant les spectateurs. La dirigeante a clairement affiché ses ambitions politiques nationales à travers ce scrutin régional. "Si la CDU perd le ministre-président ici, c’est bien sûr aussi le meilleur moyen de se débarrasser éventuellement de M. Merz", a-t-elle déclaré. Malgré ces ambitions, le BSW n’entend pas gouverner lui-même en Saxe-Anhalt.
La stratégie de coalition du parti a été explicitée par sa fondatrice. "Notre aspiration est d’entamer des discussions avec les autres partis – et cela signifie aussi avec l’AfD", a expliqué Mme Wagenknecht. Un responsable du parti, M. Schulze, a ajouté une dimension personnelle à cette stratégie : "Quand nous serons au Landtag, nous parlerons aussi de la personne que nous envisageons", a-t-il annoncé.
L’UE face au défi de l’unité et à la pression américaine
La question ukrainienne continue de diviser l’Union européenne. Alexandra de Hoop Scheffer, présidente du German Marshall Fund des États-Unis, a dressé un constat sévère de la situation lors d’une interview à la ZiB2. "Ce avec quoi l’UE a des difficultés, c’est de montrer une position unifiée, en particulier sur la question ukrainienne", a-t-elle analysé.
Selon elle, la récente réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE visait à démontrer une unité dans le choix d’un envoyé spécial, mais "cela n’a pas été réussi jusqu’à présent". Cette absence de cohésion est d’autant plus problématique que, selon Mme de Hoop Scheffer, "il faut maintenant une réponse commune de l’UE sur la question ukrainienne".
L’experte a mis en garde contre les conséquences d’une Europe marginalisée dans les négociations. "Je pense qu’un cessez-le-feu ou un accord de paix pour l’Ukraine serait pratiquement dénué de sens, non durable ou non crédible si l’Europe ne joue pas un rôle central", a-t-elle affirmé. Si l’UE ne parvient pas à une position unifiée, elle estime qu’une "coalition de volontaires capable d’agir" devra prendre le relais.
La pression transatlantique s’accentue également. Le message en provenance des États-Unis est sans équivoque : "Les Européens doivent aller plus vite, ils doivent accélérer nettement leur rôle dans la désescalade et dans les solutions pour l’Ukraine." Cette injonction s’explique par la surcharge stratégique américaine, confrontée à des conflits parallèles en Ukraine et en Iran. "Ce n’est pas seulement Trump, c’est une tendance bipartisane plus profonde dans la politique américaine", a souligné Mme de Hoop Scheffer.
Face à ce constat, l’experte plaide pour une redéfinition des relations transatlantiques. "Nous ne voyons pas de déc