L'extrémiste de droite Liebich est extradée de Tchéquie vers l'Allemagne et incarcérée à Chemnitz
Chemnitz, 15 juillet 2026
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Summary
L'extrémiste de droite Marla Svenja Liebich a été extradée de Tchéquie vers l'Allemagne et est arrivée mercredi à la prison pour femmes de Chemnitz. La direction de l'établissement doit désormais décider de la suite de la procédure pénitentiaire.
Chemnitz, 15 juillet 2026
L'extrémiste de droite Marla Svenja Liebich a été extradée mercredi de Tchéquie vers l'Allemagne et est arrivée à la prison pour femmes de Chemnitz, où elle doit purger une peine d'un an et demi.
La police tchèque avait annoncé dans la matinée l'avoir transférée vers l'Allemagne sur la base d'une décision d'extradition rendue par un tribunal tchèque. Selon un porte-parole du parquet de Halle an der Saale, en Saxe-Anhalt, la femme de 55 ans est arrivée mercredi à la prison pour femmes de Chemnitz, en Saxe. La police fédérale allemande a pris en charge la condamnée sur l'A17 près de Breitenau, en Saxe.
Le convoi transportant l'extrémiste allemande a "franchi la frontière", a indiqué la police tchèque sur le réseau social X. Elle sera "officiellement remise à ses collègues allemands". Selon le procureur en chef Dennis Cernota, s'exprimant auprès de l'agence de presse dpa, Liebich a "pleinement coopéré" et il n'y a eu "aucun incident particulier".
Cette extradition est l'aboutissement d'une procédure juridique de plusieurs mois en Tchéquie. Le tribunal régional de Pilsen, dans l'ouest de la Tchéquie, avait ordonné début juin son extradition vers l'Allemagne. Liebich avait formé un recours sans succès ; la cour d'appel régionale de Prague a rejeté le recours début juillet comme étant infondé. Le tribunal de Prague avait annoncé mardi dernier l'extradition "dans un délai de dix jours".
Procédure en Tchéquie et remise à la frontière
Après son admission à Chemnitz, la direction de l'établissement doit désormais examiner, selon le parquet de Halle, "comment la procédure se poursuit au sein du système pénitentiaire". Une décision fondamentale doit y être prise. L'établissement pénitentiaire de Chemnitz est compétent pour Liebich parce qu'elle y est enregistrée comme résidente et que la prison pour femmes est la plus proche de son domicile déclaré.
La condamnation faisait suite à un procès devant le tribunal d'instance (Amtsgericht) de Halle. Le tribunal d'instance de Halle l'avait condamnée en juillet 2023 pour incitation à la haine raciale et d'autres délits tels que la diffamation et l'approbation d'une guerre d'agression. La peine avait été fixée à un an et demi d'emprisonnement ferme. En août de l'année dernière, Liebich ne s'était pas présentée pour purger sa peine dans une prison pour femmes à Chemnitz, en Saxe.
Condamnation pour incitation à la haine raciale et non-exécution de la peine
Liebich, qui se faisait auparavant appeler Sven, a été pendant des décennies une figure connue dans toute l'Allemagne de la scène d'extrême droite. Originaire de Halle, elle organisait régulièrement depuis 2014 des manifestations, souvent sur la place du marché de Halle, en Saxe-Anhalt. Ces rassemblements ont entraîné à plusieurs reprises des heurts avec des contre-manifestants.
Liebich s'est également fait connaître par ses propos haineux. En 2022, elle avait qualifié les participants à une marche des fiertés à Halle de "parasites de la société". Le tribunal d'instance de Halle l'avait condamnée en juillet 2023 pour incitation à la haine raciale et d'autres délits tels que la diffamation et l'approbation d'une guerre d'agression.
Après qu'elle ne s'est pas présentée pour purger sa peine, elle faisait l'objet d'un mandat de recherche depuis août 2025. En avril de cette année, Liebich a été arrêtée en Tchéquie sur la base d'un mandat d'arrêt européen et transférée à Pilsen (Plzeň). Les démarches juridiques qui ont suivi ont abouti à la décision d'extradition, désormais exécutée.
La ministre de la Justice de Saxe, Constanze Geiert (CDU), a déclaré que le jugement définitif pouvait désormais être exécuté. Geiert a remercié les autorités tchèques pour leur bonne coopération et les enquêteurs de Saxe-Anhalt pour leurs efforts persistants. Le parquet de Halle an der Saale est l'autorité d'exécution compétente pour cette affaire en Allemagne.
Changement de genre et question de l'hébergement
Une particularité de cette affaire réside dans le changement de mention de genre. Fin 2024, Liebich avait modifié sa mention de genre, après l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l'autodétermination. Ce texte permet de changer de prénom et de mention de genre auprès de l'état civil sans justificatif médical. Ce changement de mention de genre a eu pour conséquence que Liebich devait purger sa peine dans une prison pour femmes.
Devant le tribunal, Liebich avait déclaré ne pas vouloir être ramenée en Allemagne parce qu'elle craignait pour sa vie dans une prison pour hommes allemande. Après son admission à la prison pour femmes de Chemnitz, la direction de l'établissement doit désormais examiner, selon le parquet de Halle, "comment la procédure se poursuit au sein du système pénitentiaire".
Débat politique autour de la loi sur l'autodétermination
L'affaire a suscité en Allemagne un débat sur les conséquences possibles de la loi sur l'autodétermination. Des organisations de défense des droits civiques et des associations transgenres avaient émis l'hypothèse que le changement de genre de Liebich pourrait constituer une provocation délibérée de l'extrémiste de droite contre la nouvelle loi. Des critiques ont qualifié le changement de nom et de genre de provocation et parlé d'un détournement de la loi sur l'autodétermination.
Le gouvernement fédéral du chancelier Friedrich Merz (CDU) avait annoncé, après son entrée en fonction l'année dernière, un réexamen de la loi. Après son arrivée à Chemnitz, Liebich sera notamment soumise à un examen médical, selon des sources judiciaires. La couverture médiatique a été assurée par dpa et MDR.
Le premier prénom a été changé de Sven en Marla Svenja. Liebich se fait désormais appeler Marla Svenja. La condamnation avait été prononcée en 2023 par le tribunal d'instance de Halle sous le prénom de Sven, en tant qu'homme, pour incitation à la haine raciale, diffamation et injure, à une peine d'emprisonnement ferme d'un an et six mois.
Les tribunaux ont dû traiter à plusieurs reprises des accusations contre Liebich. Liebich a fait appel du jugement du tribunal d'instance, mais son appel a échoué. Après son arrestation en Tchéquie, elle a été transférée à Pilsen (Plzeň), dans l'ouest du pays, où le tribunal compétent a statué sur l'extradition.
L'administration judiciaire saxonne doit désormais prendre une décision fondamentale concernant l'exécution de la peine. Liebich doit-elle réellement être hébergée dans l'établissement pour femmes de Chemnitz ? La question reste ouverte. Le parquet de Halle a déclaré que la décision devenue définitive était désormais exécutoire.
Prochaines étapes à la prison de Chemnitz
L'établissement pénitentiaire de Chemnitz dispose d'un quartier réservé aux femmes. La décision concernant l'hébergement effectif sera prise par la direction de l'établissement, selon le procureur en chef Dennis Cernota. La police fédérale avait pris en charge Liebich sur l'A17 près de Breitenau, auprès des agents tchèques.
Avec la remise à la frontière germano-tchèque, un chapitre de l'affaire est clos. La police tchèque a annoncé l'extradition dans la matinée sur X (anciennement Twitter). Ainsi s'est achevée une recherche d'environ onze mois de l'extrémiste en fuite, qui ne s'était pas présentée pour purger sa peine en août de l'année dernière.
Extradition de Liebich : l'extrémiste de droite est arrivée | actualites360