Des orques déchiquettent des poissons-lunes dans le golfe de Californie – un comportement qui intrigue les chercheurs
Berlin, 24 juillet 2026
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Summary
Une étude documente comment des orques dans le golfe de Californie déchirent délibérément des poissons-lunes. L'équipe de recherche dirigée par Kathryn Ayres y voit peut-être un jeu ou une technique d'apprentissage pour les jeunes animaux. Les observations existantes suggèrent un schéma comportemental jusqu'ici rarement décrit.
Berlin, 24 juillet 2026
Une équipe de recherche dirigée par la biologiste marine Kathryn Ayres a documenté comment des orques dans le golfe de Californie déchirent délibérément des poissons-lunes – possiblement par jeu ou pour faciliter la prise de nourriture chez les jeunes animaux.
Les orques, également appelées épaulards, sont connues pour leur intelligence et leurs comportements de chasse variés. Une nouvelle étude révèle désormais un comportement particulièrement spectaculaire : dans le golfe de Californie, au large de l'État mexicain de Basse-Californie du Sud, plusieurs orques ont littéralement déchiqueté des poissons-lunes en les percutant à plusieurs reprises jusqu'à ce que leurs tissus se fragmentent en milliers de morceaux.
Les observations proviennent d'une équipe dirigée par Kathryn Ayres de l'organisation de protection marine Beneath The Waves et ont été publiées dans la revue spécialisée Frontiers in Ethology. Les chercheurs ont documenté deux événements indépendants survenus en 2024 et 2025, qui se sont déroulés de manière quasi identique au large de l'île de Cerralvo.
Observations documentées dans le golfe de Californie
« Nous avons documenté comment une orque retient un poisson-lune et le lâche, juste avant qu'une autre orque ne le percute à grande vitesse, ce qui fait éclater les tissus en milliers de morceaux », déclare la première autrice Kathryn Ayres de l'organisation de protection marine Beneath The Waves. L'étude soulève, selon l'équipe, une question inhabituelle : cette stratégie sert-elle à mieux préparer la nourriture pour les jeunes ?
La première observation a été faite par Ayres en juillet 2024. À cette époque, une orque femelle tenait un poisson-lune à queue pointue (Masturus lanceolatus) mort par sa grande nageoire caudale. Une deuxième orque a percuté le poisson à grande vitesse. Les tissus du poisson-lune ont « explosé » en d'innombrables petits fragments qui se sont dispersés dans l'eau comme un nuage, rapporte l'équipe de recherche. L'année suivante, en 2025, un événement similaire a été filmé au large de la même île dans le golfe de Californie, comme l'indique l'étude.
La fonction de ce comportement n'est pas encore définitivement élucidée. « Nous supposons que cela facilite la prise de nourriture pour les jeunes orques ou sert simplement au jeu », écrivent les chercheurs. Cette hypothèse s'appuie sur des observations comparables chez d'autres espèces animales, où les adultes facilitent l'alimentation des jeunes en découpant les proies en morceaux plus petits et plus faciles à manipuler.
Jeu ou stratégie alimentaire
Les orques sont connues pour jouer avec leurs proies, ajoute la scientifique. Elles ont ainsi été observées à plusieurs reprises en train de projeter des phoques en l'air, de « jouer » avec leurs proies ou de manipuler des objets ensemble pendant de longues périodes. Reste à savoir si le spectaculaire « bombardement par percussion » des poissons-lunes fait également partie de ces comportements culturellement appris.
Il est documenté depuis longtemps que les orques ont un régime alimentaire exceptionnellement large. Selon les études, les orques (épaulards) consomment environ 200 espèces animales. Parmi celles-ci figurent des poissons, des phoques, des baleines, des calmars et même des requins. Les poissons-lunes – avec leur corps massif en forme de disque et une longueur pouvant atteindre trois mètres – constituent une proie relativement inhabituelle.
Les chercheurs soulignent que de tels comportements ne sont pas seulement intéressants d'un point de vue biologique. Ils donnent également des indications sur la structure sociale et le comportement d'apprentissage des animaux. « Les orques jouent fréquemment avec leurs proies », déclare Ayres. Lorsque de jeunes animaux observent comment des congénères adultes découpent systématiquement des proies, cela pourrait constituer un processus d'apprentissage au sein du groupe.
Large spectre alimentaire des épaulards
L'étude complète ainsi le portrait d'une espèce hautement développée et culturellement diversifiée. L'apprentissage culturel – c'est-à-dire la transmission de comportements au sein d'un groupe – est considéré comme bien documenté chez les épaulards. Certaines techniques de chasse sont pratiquées différemment selon les régions et transmises de génération en génération.
Il est frappant de constater que les deux incidents documentés se sont produits dans la même zone maritime. Cela pourrait indiquer qu'il s'agit d'une tradition établie au sein d'un groupe d'orques particulier qui fréquente régulièrement les eaux autour de l'île de Cerralvo. Toutefois, deux observations ne suffisent pas pour le confirmer statistiquement, comme le reconnaissent les chercheurs.
Les vidéos montrant les animaux en train de démembrer les poissons-lunes ont été réalisées à l'aide de caméras sous-marines et de drones. Elles permettent d'analyser précisément la séquence des différents mouvements. Selon celles-ci, les orques se relaient : l'une retient le poisson, l'autre accélère et percute à grande vitesse.
Indices d'apprentissage culturel
Certaines séquences montrent que la vitesse de percussion est considérable. Les chercheurs estiment que les orques foncent vers les poissons-lunes à une vitesse de plusieurs mètres par seconde. Les forces exercées à ce moment-là suffisent à déchirer littéralement le corps mou mais compact du poisson.
Un autre aspect est la dépense énergétique. Un poisson-lune adulte peut peser plusieurs centaines de kilogrammes. Pour une seule orque femelle, il serait difficile de découper efficacement un tel cadavre avec la gueule. L'action commune – retenir et percuter – pourrait donc constituer une division du travail qui répartit l'effort énergétique.
Les auteurs de l'étude espèrent pouvoir clarifier, grâce à des observations supplémentaires, si ce comportement se produit régulièrement et quels rôles jouent les différentes orques – jeunes ou adultes – dans ce processus. De futures études devront également déterminer si ce comportement est répandu au-delà de la région ou s'il reste limité à une population particulière.
Perspectives de recherche future
Dans l'ensemble, l'étude montre combien de choses restent inconnues sur le mode de vie des orques. Malgré des décennies de recherche, de nouveaux comportements apparaissent régulièrement qui élargissent notre compréhension de ces animaux. Le démembrement de poissons-lunes par percussion coordonnée s'inscrit dans une série d'exemples où les épaulards développent des techniques spécifiquement adaptées à certaines proies.
Des orques déchiquettent des poissons-lunes – étude menée | actualites360