Des explosions secouent Damas lors de la visite de Macron auprès du président syrien al-Charaa
Damas, 7 juillet 2026
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Summary
Alors que le président français Emmanuel Macron rencontrait mardi le président syrien Ahmed al-Charaa à Damas, deux attentats à la bombe dans le centre-ville ont blessé au moins 18 personnes, selon des sources officielles. L'Élysée a déclaré que Macron était en sécurité et que la rencontre avec al-Charaa se poursuivait. Il s'agit de la première visite d'un chef d'État ouest-européen en Syrie depuis la chute du dirigeant Bachar el-Assad en décembre 2024.
Damas, 7 juillet 2026
Le président français Emmanuel Macron a rencontré mardi à Damas le président syrien Ahmed al-Charaa, tandis que deux attentats à la bombe dans le centre-ville ont fait au moins 18 blessés.
L'Élysée a indiqué mardi que Macron était en sécurité. La rencontre prévue avec le président syrien Ahmed al-Charaa se poursuivait. L'agence de presse officielle syrienne Sana a rapporté que les services de sécurité syriens évoquaient deux engins explosifs, dont l'un déposé dans une poubelle et l'autre dans un véhicule en stationnement. Selon le ministère syrien de l'Intérieur, les explosions ont fait au moins 18 blessés, dont quatre policiers.
Macron était arrivé à Damas tard dans la soirée de lundi avec une délégation économique. Il s'agit de la première visite d'un chef d'État ouest-européen en Syrie depuis la chute du dirigeant de longue date Bachar el-Assad en décembre 2024. Le dernier président français à s'être rendu en Syrie était Nicolas Sarkozy en 2009. En mai 2025, Macron avait déjà été le premier dirigeant occidental à recevoir al-Charaa à Paris.
Les attentats se sont produits à proximité de l'hôtel Four Seasons, où Macron était hébergé selon les médias syriens. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montraient un fourgon en feu ainsi qu'une moto, et des traces de sang sur la chaussée. Un attentat à la bombe perpétré jeudi dernier contre un café du centre-ville avait tué dix personnes et blessé plus de vingt autres.
Attentats à proximité de l'hôtel Four Seasons
L'Élysée a affirmé que Macron défendrait « une Syrie libre et pluraliste, respectueuse de l'ensemble de ses composantes » – ainsi qu'un pays jouant « un rôle modérateur dans les tensions au Moyen-Orient ». Dans le même temps, Macron a réaffirmé sur le réseau social X qu'il venait pour « confirmer l'engagement de la France auprès du peuple syrien ».
Au cœur de cette visite figure la tentative de relancer les relations syro-françaises. Les relations entre les deux pays entraient ainsi dans une « nouvelle phase », fondée sur le « respect mutuel et un partenariat équilibré », a-t-on indiqué depuis Paris. Il s'agit de soutenir « une Syrie souveraine, unie dans sa diversité et vivant en paix avec ses voisins ».
L'agence officielle syrienne Sana a parlé d'une « visite historique » et d'un « tournant décisif pour le rétablissement de la présence internationale de la Syrie ». Plusieurs protocoles d'accord doivent être signés, par lesquels la France souhaite formaliser des aides économiques et culturelles. Ainsi, 23 objets archéologiques, prêtés en 2010 à l'Institut du monde arabe à Paris et non restitués en raison de la guerre civile syrienne, doivent être rendus à la Syrie.
Signaux politiques depuis Paris
La visite de Macron intervient dans un contexte sécuritaire fragile. Depuis la chute d'-Assad, renversé en décembre 2024 par des milices islamistes, plusieurs attentats ont eu lieu à Damas. Al-Charaa, arrivé au pouvoir en tant qu'ancien chef rebelle, a cherché ces derniers mois à se rapprocher des pays occidentaux et des États du Moyen-Orient, notamment pour faire avancer la reconstruction de la Syrie après 13 ans de guerre civile.
Depuis sa prise de pouvoir en décembre 2024, la nouvelle direction syrienne islamiste sous Charaa a assuré à plusieurs reprises qu'elle protégerait les minorités du pays. La France pose néanmoins des conditions claires : pour Paris, il est « hors de question » qu'en Syrie « une tyrannie en remplace une autre ».
Les conséquences humanitaires et économiques de la guerre civile sont graves. Selon les Nations unies, près d'un demi-million de personnes ont été tuées dans le conflit en Syrie et des millions ont été déplacées. Les infrastructures du pays sont en ruines. Si d'autres États et entreprises ont pris des engagements d'investissement considérables, le pays manque, selon les estimations d'organisations internationales, de plusieurs centaines de milliards de dollars pour financer la reconstruction et sortir des millions de personnes de la pauvreté.
La capitale était restée relativement calme durant la phase agitée ayant suivi le changement de pouvoir, même si les nouveaux dirigeants syriens ont dû recourir à la force pour s'imposer face à différents groupes et consolider leur contrôle. Les explosions actuelles constituent, selon l'évaluation d'observateurs internationaux, un revers pour al-Charaa, dont le gouvernement cherche à obtenir reconnaissance internationale et investissements.
Accords économiques et culturels
L'attentat met en lumière les risques liés au rapprochement international progressif avec Damas. La visite de Macron est perçue comme un signal indiquant que la France est prête à soutenir politiquement et économiquement le gouvernement de transition syrien – à condition que celui-ci tienne ses engagements en faveur d'un État pluraliste protégeant les minorités. Les bombes montrent dans le même temps que des groupes armés dans le pays restent capables de frapper dans la capitale.
La situation à Damas restait tendue mardi soir. Les forces de sécurité ont bouclé des parties du centre-ville, tandis que la délégation française poursuivait son programme. Des observateurs ont interprété la rapide reprise de la rencontre comme un signal délibéré que Paris ne souhaitait pas se laisser détourner de son engagement par l'attentat. Al-Charaa et Macron devaient adopter une déclaration commune dans la soirée.
La veille de la visite avait été marquée par une nouvelle escalade sécuritaire. Jeudi, un attentat à la bombe dans un café du centre-ville avait tué dix personnes et blessé 21 autres. Le gouvernement de transition syrien avait alors annoncé des mesures de sécurité renforcées dans la capitale, sans toutefois être en mesure jusqu'à présent d'identifier les auteurs ni de confirmer un motif.
Situation sécuritaire fragile à Damas
Les réactions internationales à l'attentat survenu pendant la visite de Macron sont restées dans un premier temps mesurées. Plusieurs capitales européennes ont déclaré suivre la situation de près. Dans les milieux diplomatiques, on a estimé que l'incident montrait qu'une stabilisation de la Syrie serait difficilement possible sans une architecture de sécurité globale et une réconciliation politique entre les différents groupes du pays.
Macron s'est rendu en Syrie tard dans la soirée de lundi en tant que premier chef d'État d'un pays de l'UE depuis 2010. Par ce déplacement, il pose un geste politique interprété à Paris comme un nouveau départ dans les relations avec Damas. La question de savoir si les accords économiques prévus et la restitution des objets archéologiques pourront être signés comme prévu malgré la situation sécuritaire tendue restait ouverte mardi soir.
Observateurs internationaux et réactions
La série d'attentats à Damas a relancé le débat sur la stabilité du gouvernement de transition syrien. Si les partisans de la nouvelle direction mettent en avant les progrès dans la formation du gouvernement et le retour des réfugiés, les critiques avertissent que des groupes islamistes, des réseaux criminels et des conflits régionaux non résolus menacent la stabilisation du pays. La visite de Macron est considérée, dans ce contexte de tensions, comme un test décisif de la volonté occidentale de s'engager davantage en Syrie.
Macron devait quitter Damas dans la soirée. Il emporte avec lui les signaux politiques d'un approfondissement des relations – mais les images de véhicules en flammes et de blessés dans la capitale syrienne marqueront la perception de cette visite. Pour le gouvernement de transition syrien et son président al-Charaa, l'enjeu est de taille : s'il ne parvient pas à garantir durablement la sécurité dans la capitale, le rapprochement international prudent avec la Syrie risque de s'enliser.
Macron à Damas : explosions lors de sa visite en Syrie | actualites360