Budget universitaire : Holzleitner reporte les coupes | actualites360
Budget universitaire en Autriche : la ministre Holzleitner reporte la décision sur une coupe d’un milliard d’euros
Vienne, 19 mai 2026
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Summary
Les recteurs autrichiens ont alerté sur une coupe d’un milliard d’euros pour les universités. La ministre de la Science a repoussé la décision et promis de chercher des moyens de renforcer le budget.
Vienne, 19 mai 2026
Alors que les recteurs dénonçaient une coupe d’un milliard d’euros, la ministre autrichienne de la Science, Eva-Maria Holzleitner, a confirmé vendredi le report de la décision sur le budget 2028‑2030 des universités.
« Je n’ai pas beaucoup dormi ces derniers jours » : c’est ce qu’a glissé, presque en passant, la ministre lors d’un échange avec la presse en fin d’après-midi, vendredi. On pourrait tout aussi bien dire que ce fut la semaine la plus mouvementée qu’elle ait connue depuis sa prise de fonction en mars 2025.
Sur Eva-Maria Holzleitner – et avec elle sur l’ensemble du gouvernement – s’est déversée cette semaine la colère provoquée par l’« interprétation » de l’Universitätenkonferenz (Uniko) concernant le futur budget universitaire pour la période 2028/29/30.
Selon la compréhension qu’en ont eue les recteurs – et qu’ils ont immédiatement communiquée – une somme d’un milliard d’euros allait être retranchée de l’enveloppe triennale de 16,1 milliards qui chapeaute les 22 universités publiques à partir de 2028.
Un vent de panique chez les recteurs
Qu’est-ce qui a donc été décidé ? Combien de milliards les universités devront-elles économiser ? Les négociations sur le budget double 2027/28 sont closes, a confirmé Mme Holzleitner. En revanche, la décision relative aux économies pour la période 2028‑2030 a été remise à plus tard.
Pour 2028, l’enveloppe actuelle de 5,19 milliards d’euros est d’abord reconduite. Autrement dit, il n’est pas question, contrairement à ce que redoutaient les recteurs, d’un volume d’économies d’un milliard pour le prochain budget triennal des universités.
Le budget double 2027/28 finalisé, les coupes reportées
La ministre n’a toutefois pas précisé ce qu’il faudrait concrètement épargner. « Je ferai tout pour que la prochaine période de convention de prestations, de 2028 à 2030, s’accompagne d’un renforcement », a‑t‑elle affirmé, en allemand : « Ich werde aber alles tun, damit sich für die kommende Leistungsvereinbarungsperiode 2028 bis 2030 eine Stärkung ergibt. » Son objectif : une augmentation « nominale » des crédits alloués aux universités.
Mme Holzleitner a également exclu l’instauration de frais de scolarité. Elle a expliqué que son département – qui chapeaute aussi les dossiers des femmes, nettement moins dotés, et les hautes écoles spécialisées – devra réaliser 23 millions d’économies l’an prochain, et qu’une contrainte d’épargne de 190 millions d’euros a été actée pour 2028.
Les promesses de la ministre
Le cadre légal lui donne jusqu’à la fin juin pour présenter les détails du budget 2027 et 2028 devant le Conseil national. Auparavant, a‑t‑elle annoncé, une retraite gouvernementale sera consacrée au thème « Science et place économique » – « wo auch herauskommen kann, dass mehr Geld aufgebracht wird », a indiqué la ministre, en allemand.
Au‑delà du secteur universitaire, l’exécutif cherche à dégager 5,1 milliards d’euros par des coupes et des hausses d’impôts au cours des deux prochaines années, tout en finançant des mesures offensives à hauteur de 2,6 milliards, notamment l’allègement prévu des charges salariales accessoires.
Le fonds forestier créé en 2020 a épuisé la totalité de son budget, soit 430 millions d’euros, ce qui prive l’État d’une réserve qu’il aurait pu réaffecter.
Des économies tous azimuts
Des signaux venus d’autres secteurs montrent que les arbitrages restent délicats. Dans l’agriculture, les exploitants continueront de percevoir 50 millions d’euros de subventions pour le gazole agricole en 2026 et 2027.
En revanche, un projet de taxation touchant 1,3 million de personnes, dont une proportion supérieure à la moyenne de femmes, suscite de vives critiques à la Chambre du travail et dans les syndicats. L’enjeu ne portant que sur environ 60 millions d’euros de recettes supplémentaires, un compromis paraît envisageable.
Le climat politique général complique l’équation : le parti d’extrême droite FPÖ recueille, selon les sondages, 37 % des intentions de vote, ce qui contraint la coalition à manœuvrer avec prudence.
À court terme, le budget 2027 et 2028 n’en tire rien ; il illustre surtout la difficulté à concilier rigueur budgétaire et préservation du modèle universitaire.
Des tensions politiques en toile de fond
Face à l’émoi, Mme Holzleitner assure ne pas vouloir sacrifier l’avenir des universités. La retraite gouvernementale sur la science sera l’occasion, espère‑t‑elle, de dégager des moyens supplémentaires.
En attendant, les étudiants, les enseignants et les chercheurs restent suspendus à des décisions qui pourraient redessiner le paysage universitaire autrichien pour les années à venir.