Bras de fer à Marl : Vincentz refuse d'annuler le congrès pour l'établissement des listes
Marl, 17 juillet 2026
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Summary
Lors du congrès pour l'établissement des listes de l'AfD à Marl, le président régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Martin Vincentz, a rejeté la demande d'annulation formulée par la direction fédérale autour d'Alice Weidel et Tino Chrupalla. La manifestation se poursuit néanmoins – le « camp patriotique » autour de Matthias Helferich a quitté la salle.
Marl, 17 juillet 2026
Le président régional de l'AfD en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Martin Vincentz, a rejeté la demande de la direction fédérale de l'AfD d'annuler le congrès pour l'établissement des listes en cours à Marl et a poursuivi la manifestation vendredi.
L'AfD en Rhénanie-du-Nord-Westphalie a poursuivi son congrès pour l'établissement des listes à Marl vendredi, contre la volonté explicite du parti fédéral. Le président régional de NRW, Martin Vincentz, a rejeté la lettre envoyée jeudi par la direction fédérale, dans laquelle l'annulation de la manifestation était exigée. Comme l'a rapporté la WDR, la conférence a débuté le matin à 10h00 – c'était déjà le quatrième jour de la rencontre, désignée en interne comme la « bataille de Marl ».
Contexte
Ce conflit trouve son origine dans une lutte de pouvoir qui dure depuis plusieurs jours entre la direction régionale de NRW et le parti fédéral. Selon des initiés, Vincentz appartient à l'aile relativement modérée de l'AfD, tandis que des membres du所谓的 « camp patriotique » autour du député au Bundestag Matthias Helferich sont rattachés au courant ethno-nationaliste. La direction fédérale, avec ses codirigeants Alice Weidel et Tino Chrupalla, avait adopté à l'unanimité, lors d'une séance extraordinaire jeudi soir, une lettre dans laquelle la section régionale de NRW était invitée à interrompre l'établissement des listes et à recommencer.
Vincentz, qui n'avait pas participé le matin à une conférence téléphonique des porte-parole régionaux, a réagi par une lettre au ton ferme adressée à Weidel et Chrupalla, dont le ZDF-Hauptstadtstudio a eu connaissance. Il y fait valoir que la direction fédérale n'a « zunächst keinerlei Rechtsgrundlage » [n'a tout d'abord indiqué aucun fondement juridique] pour son ingérence. On peut y lire textuellement : « Ihre Aufforderung ist damit in Gänze unwirksam und entfaltet keine rechtliche Wirkung; sie ist eine politische Erklärung – nicht mehr. » Une destitution de la direction régionale, qui « nichts anderes tut, als geltendes Wahl- und Satzungsrecht zu befolgen » [ne fait rien d'autre que de respecter le droit électoral et statutaire en vigueur », constituerait dès lors « ein Rechtsverstoß des Bundesstandes » [une violation du droit commise par la direction fédérale].
Acteurs et leurs positions
Le parti fédéral avait justifié son initiative en invoquant notamment d'éventuelles infractions au droit lors de l'établissement des listes. Ainsi, le député régional de NRW Sven Tritschler, un proche de Weidel, a déclaré à la WDR que plusieurs déclarations sous serment avaient été déposées, selon lesquelles des délégués du précédent congrès pour l'établissement des listes avaient été « bedroht und genötigt » [menacés et intimidés]. Tritschler a parlé de « parteischädigendem Verhalten » [comportement nuisible au parti] du président régional. Il a déclaré qu'il fallait « nun zunächst geprüft werden » [tout d'abord examiner] si ces accusations étaient fondées.
Vincentz a rejeté les accusations et a reproché en retour à la direction fédérale de produire délibérément des motifs d'annulation. La direction fédérale fonderait sa décision sur des indications « die nicht der Aufklärung dienen, sondern der Produktion von Anfechtungsgründen, die bewusst als Drohmittel verwendet werden sollen, um eine für den Bundesvorstand genehme Landtagsliste zu generieren » [qui ne servent pas à éclaircir la situation, mais à produire des motifs d'annulation destinés à être utilisés consciemment comme moyens de pression afin de produire une liste régionale qui convienne à la direction fédérale]. Cette lecture était partagée par son vice-président Kay Gottschalk, qui a expliqué à la WDR que le congrès devait se poursuivre « aus rechtlichen Gründen » [pour des raisons juridiques].
Le conflit avait déjà escaladé sur le fond le week-end dernier, lorsque le premier tour d'établissement des listes avait dû être interrompu après des troubles et une obstruction présumée délibérée. Plus de 90 candidats se sont présentés pour la 22e place sur la liste et ont bénéficié chacun de huit minutes de temps de parole – dépassant ainsi largement la fenêtre horaire de la conférence. Au sein du parti, cette action est baptisée « Operation Filibuster ». Vincentz a déclaré que « nach aktuell vorliegenden Hinweisen » [selon les indications actuellement disponibles], des membres continuaient d'être mobilisés dans plusieurs fédérations locales pour cette action. Dans sa lettre, il a critiqué le fait que la direction fédérale n'ait, « zur dokumentierten Sabotage aus den Reihen des eigenen Vorstands bis heute kein Wort der Distanzierung, kein Wort der Aufklärung » [face au sabotage documenté provenant des rangs de sa propre direction, [n'ait] pas dit un mot de prise de distance, pas un mot d'élucidation] laissé entendre.
« Operation Filibuster » et le déroulement à Marl
La formation des camps le long des lignes de fracture était également visible jeudi lors des conférences téléphoniques. Selon des informations de la ZDF, 13 porte-parole régionaux sur 12 ont recommandé le matin d'interrompre le congrès – Vincentz était absent de la conférence. Une large majorité des autres fédérations régionales a soutenu une motion selon laquelle la direction régionale de NRW devait proposer l'interruption afin de revenir à une liste fondée sur le consensus. Pour la NRW, le vice-président régional Gottschalk a participé à la séance par téléphone, ainsi que – côté fédéral – Weidel et Chrupalla.
Immédiatement après le début de la conférence vendredi, des membres du « camp patriotique » autour d'Helferich ont quitté la salle. Helferich a déclaré à la WDR que des délégués avaient été menacés par la direction régionale, mettant en danger le « Rechtsgrundsatz der Freiheit der Wahl » [principe juridique de la liberté du vote]. Cette version recoupe en partie les accusations que la direction fédérale avait reprises dans sa lettre : on y lisait que « stimmberechtigte Delegierte bedroht oder erheblich unter Druck gesetzt » [des délégués habilités à voter avaient été menacés ou soumis à des pressions considérables].
Regard vers Brême
L'affaire est également explosive au regard de l'élection régionale de 2027 en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. L'AfD souhaite établir sa liste régionale sur plusieurs week-ends, le dernier congrès prévu à cet effet étant planifié en septembre. Si le parti ne parvient pas à adopter une liste unifiée, il s'expose, selon la présentation de Vincentz, à un scénario comparable à celui de Brême en 2023 : l'AfD locale avait alors déposé deux listes de candidats concurrents auprès de la directrice électorale régionale et n'avait de ce fait pas été admise à l'élection de la Bürgerschaft. « Einer Amtsenthebung eines Landesvorstands, der nichts anderes tut, als geltendes Wahl- und Satzungsrecht zu befolgen, fehlt jede Grundlage » [Une destitution d'une direction régionale qui ne fait rien d'autre que de respecter le droit électoral et statutaire en vigueur manque de tout fondement], a averti Vincentz.
Les fronts sont figés. Selon des sources proches du parti fédéral, la direction fédérale pourrait débattre à nouveau de la situation en NRW lundi – et éventuellement d'une révocation de la direction régionale. Weidel avait récemment souligné dans une interview : « Die Brandmauer schadet nur der CDU und macht die AfD stärker » – tout en réaffirmant que l'AfD était ouverte à des discussions de coalition, sans abandonner ses positions de fond. La question de savoir si l'affrontement ouvert à Marl renforce l'unité du parti, nécessaire à cet effet, paraît douteuse. La correspondante de la ZDF au Bundespresseamt, Nicole Diekmann, accompagne la lutte de pouvoir entre « dem NRW-Landesvorsitzenden Martin Vincentz auf der einen und Alice Weidel und weiteren Mitgliedern des Bundesvorstands auf der anderen Seite », comme l'indique le reportage de la chaîne.
Perspectives au niveau fédéral
Entre-temps, les deux camps s'efforcent d'imposer leur interprétation. Vincentz a parlé de « fortgesetzten Sabotageversuchen » [tentatives de sabotage persistantes] d'un groupe de membres du parti qui entravent le congrès. Du côté de la direction fédérale, on a indiqué que la lettre adressée à la section régionale de NRW avait été adoptée à l'unanimité. Tandis que les uns considèrent le congrès comme irrémédiablement compromis, les autres voient précisément dans son interruption la violation du droit qu'ils reprochent à leurs adversaires. Les prochains jours, autant qu'on puisse le prévoir, montreront si l'AfD en Rhénanie-du-Nord-Westphalie se présentera à l'élection régionale de 2027 avec une liste unifiée – ou avec une rupture.
AfD NRW : bras de fer entre Vincentz et la direction | actualites360