Rubio se rend dans la région du Golfe : première visite d'un membre du Cabinet après l'accord-cadre avec l'Iran
Washington, 23 juin 2026
TV RUBIO / Wikimedia Commons / CC BY 3.0
Summary
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio s'est envolé mardi pour un voyage de trois jours dans la région du Golfe. Aux Émirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, il entend présenter l'accord préliminaire avec l'Iran et la sécurisation du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.
Washington, 23 juin 2026
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio s'est envolé mardi pour un voyage de trois jours dans la région du Golfe et visitera jusqu'à jeudi les Émirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn.
Contexte : accord-cadre à Bürgenstock
Le Département d'État a indiqué que Rubio se rendrait de mardi à jeudi aux Émirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn. Des visites sont prévues dans les Émirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn. Le voyage constitue la première visite d'un membre du Cabinet américain dans la région depuis la signature de l'accord entre Washington et Téhéran la semaine dernière.
Ce voyage s'inscrit dans le cadre de l'accord-cadre signé la semaine précédente mercredi par le président américain Donald Trump et le président iranien Masoud Pezeshkian. À l'issue des négociations tenues dans la station suisse de Bürgenstock, les deux parties belligérantes se sont entendues sur une feuille de route menant à un accord de paix, qui devra être conclu dans un délai de 60 jours. Selon son porte-parole, Rubio entend présenter l'accord préliminaire avec l'Iran ainsi que les efforts visant à garantir la libre circulation des navires dans le détroit d'Ormuz.
Selon le Département d'État, les discussions devront principalement porter sur l'accord avec l'Iran, la sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz, ainsi que sur les questions de paix et de stabilité dans la région. Comme le ministère l'a également précisé, l'accent sera mis, s'agissant des États du Golfe, sur l'importance de la paix et de la stabilité dans la région.
Le détroit d'Ormuz au cœur des enjeux
L'avenir du détroit constitue un élément central de l'accord. Selon le gouvernement américain, l'accord prévoit notamment que l'Iran garantisse le libre passage dans le détroit d'Ormuz. Le détroit d'Ormuz compte parmi les routes les plus importantes du commerce mondial du pétrole et du gaz. Pendant la guerre opposant l'Iran, d'une part, aux États-Unis et à Israël, de l'autre, le trafic maritime y a été fortement perturbé par moments.
Par ailleurs, Ghalibaf a confirmé qu'il avait été convenu avec les États-Unis d'établir un canal de communication dédié au détroit d'Ormuz afin de permettre une navigation sûre à travers ce passage. Dans le même temps, Téhéran affirme maintenir sa volonté de conserver le contrôle de cette voie maritime stratégique.
Le voyage de Rubio intervient seulement quelques jours après la signature de l'accord-cadre. Des observateurs washingtoniens interprètent cette visite comme un signal adressé aux partenaires du Golfe afin de restaurer la confiance mise à mal ces dernières semaines. Les États-Unis avaient auparavant assuré aux États du Golfe qu'ils prendraient en compte leurs intérêts sécuritaires dans les négociations avec Téhéran.
Les inspections nucléaires comme point de négociation
L'importance de ce voyage est également soulignée par le calendrier : lundi, Washington avait déjà délivré une licence générale temporaire pour l'exportation de pétrole iranien. Des observateurs y voient un premier signal économique concret de détente.
Parallèlement, les discussions d'experts entre Washington et Téhéran débutent désormais et doivent aboutir dans les semaines à venir à un accord définitif. Il s'agit notamment de faire en sorte que l'Iran autorise l'entrée sur son territoire d'inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Ce point fait également partie de l'arsenal du traité.
Un autre sujet du voyage concernera probablement les dommages subis par des installations américaines dans la région du Golfe. Selon les informations américaines, des installations américaines ont également été endommagées. Les Émirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn faisaient partie, durant le conflit, des pays visés à plusieurs reprises par des attaques iraniennes.
Accusations contre le Koweït et Bahreïn
L'Iran a accusé concrètement le Koweït et Bahreïn d'avoir permis aux États-Unis de mener des attaques depuis leur territoire. Ces accusations devraient jouer un rôle dans les entretiens de Rubio avec les dirigeants à Manama et à Koweït City.
Réunion avec le Conseil de coopération du Golfe
Jeudi, une réunion avec des représentants du Conseil de coopération du Golfe est également prévue à Bahreïn. Le gouvernement américain espère de cette rencontre l'émergence d'une ligne commune des États du Golfe concernant la mise en œuvre de l'accord avec Téhéran. Les États riverains du Golfe Persique sont appelés à jouer un rôle important dans la mise en œuvre de l'accord.
Du point de vue américain, ce voyage constitue aussi une sorte de mission de stabilité. Face à la revendication iranienne de gérer elle-même le détroit d'Ormuz, Washington veut empêcher que ce détroit ne redevienne le théâtre d'affrontements militaires. Le canal de communication entre Washington et Téhéran doit servir ici de mécanisme de désescalade.
Test de résistance diplomatique pour l'accord
La visite est considérée comme le premier test de résistance politique pour l'accord-cadre signé il y a quelques jours. Si Rubio parvient à s'assurer le soutien des États du Golfe pour sa mise en œuvre, le processus de négociation avec Téhéran en serait considérablement facilité.
Des observateurs à Washington tablent sur le fait que ce voyage servira également à préparer de nouvelles étapes diplomatiques. Ainsi, des rencontres de haut niveau entre représentants des États du Golfe et du gouvernement iranien pourraient suivre prochainement.
Entre-temps, plusieurs analystes soulignent que la confiance entre Washington et ses partenaires du Golfe a été fortement ébranlée par les attaques iraniennes des dernières semaines. Rubio devra donc, dans les jours à venir, mener avant tout un travail de persuasion.
Voyage de Rubio dans le Golfe : les États-Unis cherchent | actualites360