Oman et l'Iran négocient une gestion commune du détroit d'Ormuz
Mascate, 01 juillet 2026
AI-generated image (z-image via Kie.ai)
Summary
Une délégation iranienne a négocié lundi à Mascate avec Oman une « gestion » commune du détroit d'Ormuz. Parallèlement, des pourparlers indirects entre les États-Unis et l'Iran se tiennent à Doha au sujet d'un cessez-le-feu dans le golfe Persique.
Mascate, 01 juillet 2026
Une délégation iranienne a négocié lundi dans la capitale omanaise Mascate avec le sultanat sur une « gestion » commune du détroit d'Ormuz, tandis que se tiennent parallèlement à Doha des discussions indirectes entre les États-Unis et l'Iran.
Au centre des discussions se trouve la proposition de Téhéran de faire payer aux navires un péage pour le passage du détroit. Selon des sources diplomatiques, l'Iran entend par une telle gestion un système dans lequel les navires doivent s'acquitter d'un péage pour traverser le détroit. Un péage n'est pas autorisé dans le détroit conformément à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982.
La vision iranienne d'un détroit contrôlé
Oman avait, par le passé, sous le règne du sultan Haitham bin Tarik, exclu d'établir avec l'Iran un système de péage dans cette voie maritime. Pourtant, les négociations se poursuivent. « L'Oman va tenter de faire traîner les discussions afin de normaliser à nouveau le trafic maritime », déclare Ryan Bohl du cabinet de conseil géopolitique Rane. « Car un système de péage selon la conception iranienne irait aussi à l'encontre des intérêts omanais. »
En arrière-plan des négociations se trouve une attaque iranienne contre un navire dans les eaux territoriales omanaises, qui avait été, il y a quelques jours, le déclencheur d'un nouvel affrontement dans le détroit d'Ormuz. Ce week-end, les États-Unis et l'Iran se sont de nouveau attaqués militairement. Bohl rappelle que « la politique étrangère omanaise au XXe siècle s'est toujours fondée sur le principe que l'Iran est une force géopolitique de la nature qu'il faut intégrer plutôt qu'affronter ».
La guerre contre l'Iran, qui a débuté le 28 février, joue également un rôle. Le ministre omanais des Affaires étrangères Badr al-Busaidi avait qualifié dans « l'Economist » les attaques iraniennes contre le Golfe d'« inévitables ». L'Oman a toujours entretenu des relations étroites avec l'Iran, tout en se considérant comme neutre. C'est ainsi que l'Oman a également servi de médiateur entre les États-Unis et l'Iran avant que la guerre n'éclate le 28 février.
Médiation entre les parties au conflit
Parallèlement aux pourparlers de Mascate, l'Oman continue de chercher un compromis international. D'après les informations, « l'Oman a tenté ces dernières semaines, conjointement avec l'Organisation maritime internationale de l'ONU, de trouver un compromis qui satisfasse l'Iran et que la communauté internationale puisse accepter ». Le Premier ministre qatari Mohammed Al Thani s'est également rendu la semaine dernière à Oman pour consulter le sultan au sujet du détroit d'Ormuz.
À Doha, les émissaires spéciaux américains Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, mènent des discussions indirectes avec des représentants iraniens. En principe, des représentants de Téhéran devaient rencontrer mardi au Qatar l'émissaire spécial américain Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, tous deux arrivés à Doha. Certes, une délégation iranienne se trouve également à Doha. Mais les Iraniens ne discutent qu'avec les médiateurs qataris.
Pourparlers indirects à Doha
Les États-Unis et l'Iran veulent, selon des sources diplomatiques, mener aujourd'hui au Qatar des discussions indirectes. Sont prévues des consultations séparées avec les médiateurs qataris et pakistanais. Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner ne participeraient pas aux « discussions techniques ». Hier, les deux hommes avaient rencontré, selon les autorités qataries, le chef du gouvernement qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman al-Thani.
Sur le fond, les discussions à Doha portent sur plus que le seul détroit. Lors des pourparlers des émissaires américains à Doha, il s'agit des négociations avec l'Iran ainsi que de la situation au Liban, a déclaré al-Ansari. Kushner et Witkoff échangent également avec les Qataris au sujet du cessez-le-feu fragile dans le golfe Persique. Lors de leurs négociations en Suisse, les États-Unis et l'Iran s'étaient mis d'accord sur une feuille de route pour un accord de paix dans la région.
Un accord détaillé et durable visant à mettre fin à la guerre contre l'Iran, déclenchée par les États-Unis et Israël, doit être négocié dans un délai de 60 jours. L'échéance approche alors que les tensions restent vives dans la région. Les Émirats arabes unis observent la situation avec scepticisme : « Les Émirats arabes unis ont quasiment abandonné tout espoir de voir aboutir un accord avec l'Iran », déclare Najla al-Kassimi, qui avait par le passé représenté les ÉAU dans plusieurs pays européens.
Risques économiques et pression de Washington
Selon Mme Kassimi, les Émirats considèrent que les redevances pour la gestion du détroit d'Ormuz ne peuvent être fixées qu'en vertu du droit international. Si l'Iran devait néanmoins imposer ses projets de péage, l'Oman subirait un préjudice économique : à long terme, les compagnies maritimes se tourneraient vers d'autres routes d'exportation, par exemple via la mer Rouge. Cela nuirait aux propres ambitions d'Oman de devenir un nœud commercial entre la péninsule arabique et l'Asie du Sud.
Dans le même temps, Washington intensifie la pression sur Mascate. Fin mai, Donald Trump avait annoncé qu'il ferait « sauter » l'Oman si le sultanat ne se « conduisait pas » correctement. Cette menace avait été proférée par le président américain dans le contexte de la coordination plus étroite entre Mascate et Téhéran. « Toutefois, des sanctions ou d'autres mesures coercitives de cette administration américaine contre l'Oman ne peuvent être exclues », estime Yasmine Farouk, directrice du projet sur les États du Golfe au sein de l'International Crisis Group.
Oman Iran négociation Ormuz détroit péages | actualites360