Les start-up autrichiennes ont levé environ 472 millions d'euros au premier semestre 2026 – un record depuis 2022
Vienne, 8 juillet 2026
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Summary
Au premier semestre 2026, les start-up autrichiennes ont reçu 472 millions d'euros de capital-risque – un montant jamais atteint sur un semestre depuis 2022. Les moteurs sont deux méga-deals de waterdrop et Gropyus, de 100 millions d'euros chacun, ainsi qu'un nombre record de 97 tours de financement.
Vienne, 8 juillet 2026
Au premier semestre 2026, les start-up autrichiennes ont réuni au total 472 millions d'euros de capital-risque, ce qui constitue le volume semestriel le plus élevé depuis l'année record de 2022.
Ce chiffre représente une hausse de 362 millions d'euros par rapport au premier semestre 2025, au cours duquel seuls 110 millions d'euros avaient été investis. Cela correspond à une augmentation de 329 %, comme l'indique le EY Start-up Barometer 2026. À titre de comparaison : au premier semestre 2022, les investisseurs avaient placé 884 millions d'euros dans les jeunes entreprises nationales.
Le résultat est principalement porté par deux grands investissements : en mars 2026, l'entreprise de technologie de la construction Gropyus a sécurisé 100 millions d'euros, suivie en mai par le prestataire de e-commerce waterdrop avec un deal d'un montant exactement identique. Rien qu'en mars, 146 millions d'euros ont afflué vers les start-up autrichiennes, et 139 millions d'euros supplémentaires en mai – dans les deux cas, davantage que sur l'ensemble du second semestre 2025.
Deux méga-deals tirent la courbe vers le haut
« Que deux entreprises aient pu boucler coup sur coup des levées de fonds à trois chiffres en millions, cela aurait été à peine imaginable il y a encore quelques trimestres », déclare Florian Haas, Head of Start-up chez EY Österreich. « Le retour des grands tours de financement est un signal important, car il montre que les investisseurs sont à nouveau prêts à financer la croissance à plus grande échelle. »
Concernant le nombre d'opérations également, les six derniers mois ont établi un record : au total, 97 tours de financement ont été conclus – un nombre jamais atteint sur un semestre. Par rapport à la même période de l'année précédente, qui comptait 78 tours, cela représente une hausse de 24 %. 38 start-up ont enregistré des investissements supérieurs à un million d'euros, et le nombre de deals de plus de dix millions d'euros est passé de deux à neuf.
Le montant moyen de financement a nettement grimpé, de 2,0 à 6,3 millions d'euros, atteignant ainsi le niveau semestriel le plus élevé depuis 2022. Sur les premiers semestres des années 2021 à 2024, le tour moyen s'était systématiquement situé clairement au-dessus de la barre des quatre millions d'euros, avant que cette valeur ne passe pour la première fois depuis 2020 en dessous en 2025.
Secteurs : E-commerce et PropTech en tête en volume
Derrière les deux leaders, on trouve, avec un écart net, le spécialiste de la technologie des batteries Aviloo avec 30 millions d'euros, l'entreprise spatiale Enpulsion – qui fabrique des systèmes de propulsion pour petits satellites – avec 22,5 millions d'euros, la plateforme fitness tyrolienne Reps avec 20,2 millions d'euros, ainsi que la scaleup viennoise HealthTech nyra health avec 20 millions d'euros.
Les analyses sectorielles montrent que le capital est largement réparti : en volume d'investissement, l'e-commerce mène avec 122 millions d'euros, suivi par la PropTech avec 107 millions d'euros. Viennent ensuite Software & Analytics avec 58 millions d'euros, et le secteur de la santé avec 56 millions d'euros. En nombre d'opérations, c'est toutefois Software & Analytics qui domine avec 30 tours, devant Health avec 19 et l'e-commerce avec huit deals. La PropTech recule à la huitième place en nombre de transactions.
Le secteur de la santé se développe de manière particulièrement dynamique : le nombre de tours de financement est passé de onze à 19, et le capital investi a grimpé de 14 à 56 millions d'euros. Haas évoque un remarquable processus de maturation : « Les dernières années ont laissé des traces et de nombreuses start-up ont dû apprendre à travailler beaucoup plus efficacement en termes de capital. » Cette évolution a rendu les entreprises plus robustes et plus focalisées.
Vienne reste le centre, la Basse-Autriche et le Tyrol reviennent en force
Sur le plan régional également, Vienne demeure le centre de gravité de la scène nationale : 360 millions d'euros, soit 76 % du capital total, ont été investis dans des entreprises de la capitale fédérale, et 55 des 97 tours de financement y ont été enregistrés. En volume de financement, la Basse-Autriche suit avec 53 millions d'euros, devant le Tyrol avec 23 millions d'euros ; en nombre de deals, la Styrie et la Haute-Autriche occupent ensemble la deuxième place avec 13 tours chacune.
Exits : Tractive et EmmiAI placent la barre très haut
Outre les tours de financement, deux grands exits ont également attiré l'attention au premier semestre 2026. L'entreprise de Haute-Autriche spécialisée dans le suivi des animaux de compagnie, Tractive – qui conçoit des systèmes de tracking pour chiens et chats – a été rachetée, selon des informations parues dans les médias, par le groupe technologique italien Bending Spoons pour environ 900 millions d'euros. Par ailleurs, l'entreprise linzoise EmmiAI a été cédée pour la somme colportée de 300 millions d'euros.
« Des exits réussis prouvent que les start-up autrichiennes sont capables de bâtir des entreprises à portée internationale et de générer des rendements attractifs pour les investisseurs », affirme Haas. « De telles success stories créent aussi de nouveaux modèles pour la prochaine génération de fondateurs. » Des acquisitions réussies renforcent en outre la visibilité internationale du site et soutiennent le cercle vertueux entre création, croissance, exits et réinvestissements.
Un fonds de fonds comme signal politique
Selon EY, cette tendance positive coïncide par ailleurs avec un signal politique : le fonds de fonds (Dachfonds) prévu par le gouvernement devrait devenir opérationnel début 2027. « Le fonds de fonds est bien plus qu'un simple instrument de soutien », souligne le consultant d'EY. Il envoie « un signal important aux investisseurs nationaux et internationaux que l'Autriche souhaite soutenir activement l'innovation, l'entrepreneuriat et la croissance ».
Haas renvoie à une évolution qui s'est déjà manifestée plus tôt dans d'autres pays européens et qui arrive aujourd'hui « avec retard » en Autriche : après des années de retenue, les fonds de capital-risque sont à nouveau plus actifs, la propension à investir augmente, les grands tours de financement reviennent, et la confiance est de nouveau plus présente sur le marché. Il est également question d'une participation internationale plus large des investisseurs.
Dans le même temps, l'expert met en garde contre tout optimisme exagéré. On est encore loin d'une nouvelle fièvre de l'or, prévient Haas. L'enjeu est désormais de pérenniser cette tendance positive grâce à un cadre adapté. « Il s'agit maintenant de renforcer encore cette tendance positive grâce à un cadre approprié, afin que la reprise actuelle devienne une dynamique durable », résume-t-il.
Perspectives prudentes : pas de place pour la fièvre de l'or
Le consultant d'EY identifie notamment des marges de progrès dans le capital-risque institutionnel, les modèles de participation des salariés et la mobilisation de capitaux privés. « Si l'on parvient à mobiliser davantage de capitaux privés et à combler les lacunes de financement en phase de croissance, cela peut devenir un véritable levier pour le site », affirme Haas. Il faut aussi de meilleures conditions-cadres pour que les scaleups obtiennent des montants de capital substantiels afin de conquérir les marchés internationaux.
Globalement, le premier semestre 2026 montre, selon EY, que l'écosystème autrichien des start-up n'a rien perdu de sa capacité d'innovation malgré un contexte économique difficile. « L'écosystème autrichien des start-up prouve ainsi de manière impressionnante qu'il n'a rien perdu de sa capacité d'innovation malgré un contexte économique difficile », déclare Haas.
Le nombre de deals plus modestes, d'un montant pouvant aller jusqu'à un million d'euros, est resté stable à 37 opérations, ce qui suggère que la reprise ne repose pas uniquement sur les méga-tours. Au total, le marché enregistre désormais neuf tours de financement supérieurs à dix millions d'euros – un chiffre qui conforte le retour des tickets plus importants.