Les prix du pétrole et du gaz augmentent nettement après de nouvelles attaques entre les États-Unis et l'Iran
Vienne, 29 juillet 2026
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Les prix du pétrole et du gaz ont nettement augmenté mercredi à la suite de nouvelles attaques dans le conflit entre les États-Unis et l'Iran. Un baril de Brent coûtait environ 87 dollars américains, soit près de quatre pour cent de plus que la veille.
Vienne, 29 juillet 2026
Après de nouvelles attaques mutuelles entre les États-Unis et l'Iran, les prix du pétrole et du gaz ont fortement augmenté mercredi, après avoir baissé lors des trois séances de bourse précédentes.
Missiles contre une base américaine
Les cours du pétrole brut et du gaz naturel ont fortement progressé mercredi, après que l'Iran a de nouveau tiré des missiles balistiques contre les troupes américaines au Moyen-Orient pour la première fois depuis l'arrêt temporaire des attaques américaines. Un baril de pétrole brut de la référence Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, a été payé 87,15 dollars américains (76,67 euros), soit près de quatre pour cent de plus que la veille. Une autre cotation affichait le prix à environ 87,40 dollars le baril de Brent. Le prix avait auparavant reculé pendant trois séances consécutives, après avoir temporairement dépassé les 100 dollars le baril la semaine passée.
La référence américaine WTI a également nettement progressé, cotée à environ 82,09 dollars, en hausse d'environ trois et demi pour cent. La hausse coïncide avec une nouvelle vague de violence dans la région, alimentant les craintes de perturbations d'approvisionnement sur les marchés mondiaux. Les acteurs du marché suivaient par ailleurs de près l'évolution dans le détroit stratégique.
Dans la nuit de mardi à mercredi, des missiles iraniens ont été tirés en direction d'une base américaine en Jordanie, selon les informations du portail d'information américain « Axios ». Comme l'a rapporté « Axios » en se référant à des responsables américains, l'attaque visait une base américaine en Jordanie. Tous les projectiles ont été interceptés, a indiqué le commandement régional américain Centcom sur la plateforme X, sans préciser la cible des attaques.
Riposte en Irak
Parallèlement, les forces américaines ont annoncé avoir frappé en Irak, conjointement avec leur allié saoudien, des « terroristes » proches de l'Iran. Le conflit qui couvait depuis des mois entre Washington et Téhéran s'escalade ainsi un peu plus et compromet le cessez-le-feu temporaire qui avait encore entraîné une baisse des prix du pétrole la semaine précédente. Les États-Unis et l'Iran avaient temporairement interrompu leurs attaques mutuelles, provoquant ainsi la baisse des prix du pétrole.
Goulot d'étranglement du détroit d'Ormuz
Le trafic maritime visible sur les sites internet à travers le détroit d'Ormuz, qui relie le golfe Persique et ses zones de production pétrolière aux marchés mondiaux, est resté faible tôt mercredi matin. « La menace persistante de missiles, de mines, de drones et de mesures de Téhéran empêchera une partie importante du marché du transport maritime de s'engager », indique une évaluation de la banque d'investissement RBC Capital Markets. Les compagnies maritimes évitent ainsi cette route à haut risque.
Sur les marchés européens de l'énergie, le gaz naturel s'est également renchéri sensiblement. Le prix du contrat à terme de référence sur le gaz naturel TTF, pour livraison dans un mois, s'élevait mercredi matin à la bourse d'Amsterdam à 58,44 euros par mégawattheure (MWh). Le prix était monté par moments jusqu'à 59,55 euros, après s'être établi à 56 euros mardi. Le prix européen du gaz a également augmenté.
Données de l'API sur les réserves américaines
Aux États-Unis, l'association professionnelle American Petroleum Institute (API) a enregistré la semaine passée une baisse des stocks de pétrole brut de 3,3 millions de barils. Les données officielles du gouvernement américain sur l'évolution des réserves pétrolières sont attendues dans le courant de la journée. Les analystes considèrent les chiffres de l'API comme un avant-goût habituel et tablent sur une confirmation de la tendance à la baisse, ce qui pourrait soutenir davantage les prix.
Gains boursiers pour les compagnies pétrolières
Le redressement des cours s'est également reflété dans les cours boursiers des grands groupes pétroliers. Lors des échanges américains en avant-Bourse mercredi, l'action ExxonMobil a gagné par moments 1,67 pour cent à 155,59 dollars, tandis que l'action Chevron progressait de 1,34 pour cent à 190,10 dollars. L'action Occidental a pour sa part augmenté de 2,23 pour cent à 55,13 dollars.
Les homologues européens en ont également profité : les actions du groupe pétrolier français TotalEnergies ont gagné à Paris jusqu'à 1,82 pour cent à 75,12 euros. À Londres, l'action Shell affichait un gain de 1,53 pour cent à 32,84 livres sterling, tandis que son concurrent BP grimpait de 2,32 pour cent à 5,38 euros. Les gains boursiers largement répartis soulignent que les investisseurs intègrent les récentes attaques comme facteur de risque à plus long terme.
Prix aux pompes domestiques
En Autriche, les prix des carburants ont légèrement augmenté de lundi à mardi. Le super sans plomb est passé de 1,869 euro/litre à 1,874 euro. Le gazole coûtait en moyenne 2,034 euros le litre mardi, contre 2,028 euros la veille, indique le comparateur de prix des carburants du régulateur public E-Control. Une poursuite de la récente tendance haussière se dessine ainsi également aux pompes domestiques.
L'origine de la volatilité actuelle est une alternance de signaux diplomatiques et d'actions militaires. Après que les États-Unis et l'Iran eurent temporairement interrompu leurs attaques mutuelles, provoquant ainsi une baisse des prix du pétrole, la situation sur les marchés des matières premières s'était momentanément calmée. Mais avec le nouveau tir de missiles et la réponse américaine en Irak, la phase de détente a pris fin de manière abrupte. Les opérateurs s'attendent à ce que les prix restent sous pression tant qu'une désescalade fiable ne sera pas en vue.
Le détroit d'Ormuz reste à cet égard le goulot d'étranglement décisif : c'est par ce passage étroit entre l'Iran et la péninsule Arabique qu'est acheminée une part importante des livraisons mondiales de pétrole et de gaz. Si le trafic maritime devait rester limité ou que le détroit était totalement bloqué, il faudrait s'attendre à des primes de risque nettement plus élevées. La faiblesse du trafic maritime visible actuellement indique que les compagnies maritimes continuent à éviter le risque.
Face à la situation tendue, les acteurs du marché tournent leur regard vers de nouveaux signaux en provenance de Washington et de Téhéran. Si un nouveau cessez-le-feu était conclu, cela pourrait à nouveau faire baisser les prix. Mais si les attaques restent le quotidien, il faut s'attendre à des cours durablement élevés et à une charge supplémentaire pour les consommateurs. Les prochaines séances de Bourse s'annoncent décisives.
Dans l'ensemble, la séance de mercredi illustre à quel point les prix mondiaux de l'énergie sont vulnérables aux évolutions politiques et militaires dans le golfe Persique. Une seule attaque de missiles suffit pour anéantir le rebond des cours constitué les jours précédents. Pour les consommateurs européens, cela signifie à court terme de nouvelles hausses des coûts du carburant et du chauffage, si les tensions ne se relâchent pas rapidement.
Sur le marché de l'énergie, la nervosité reste donc élevée. Tandis que les uns espèrent une fin des hostilités et une baisse des prix, d'autres se couvrent en prévision de nouvelles escalades, au vu des expériences historiques. Une chose est claire : tant que des missiles iraniens frapperont des bases américaines et que les forces américaines exerceront des représailles en Irak, le pétrole et le gaz supporteront une prime de risque sur les marchés mondiaux.
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