Israël capture le château de Beaufort dans une offensive au | actualites360
Les forces israéliennes capturent le château de Beaufort, datant de l'époque des Croisades, dans la plus profonde incursion au Liban depuis des décennies
Beyrouth, 01 juin 2026
AI-generated image (flux-2/pro-text-to-image via Kie.ai)
Summary
Des troupes israéliennes ont saisi le château de Beaufort, vieux de 900 ans, dans le sud du Liban, marquant la plus profonde incursion israélienne dans le pays depuis plus de 25 ans. La capture intervient alors qu'Israël étend ses opérations terrestres et ses frappes aériennes malgré un cessez-le-feu négocié par les États-Unis qui reste nominalement en vigueur.
Beyrouth, 01 juin 2026
Des forces israéliennes ont capturé le château médiéval de Beaufort, dans le sud du Liban, et ont hissé leur drapeau au sommet de la forteresse de l'époque des Croisades, vieille de 900 ans, dans ce que des responsables israéliens et libanais ont décrit comme la plus profonde avancée militaire israélienne en territoire libanais depuis plus de 25 ans.
Une forteresse médiévale et un point chaud moderne
Des vidéos diffusées depuis le site montraient le drapeau israélien flottant sur les remparts du château de Beaufort tandis que de la fumée noire s'élevait de la ville voisine d'Arnoun. La forteresse de pierre, perchée sur une colline à environ neuf miles de la frontière sud du Liban avec Israël, offre une vue dominante sur le sud du Liban et le nord d'Israël et est un point focal de la guerre moderne dans la région depuis des décennies.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a annoncé la capture dans un message sur X, écrivant : "Nos braves soldats ont capturé à nouveau le Beaufort – et ils y resteront dans le cadre de la zone de sécurité au Liban." Il a présenté l'opération comme un avertissement, ajoutant : "C'est un message clair à nos ennemis : quiconque menace les civils israéliens perdra ses actifs stratégiques un par un."
Le château a été construit à l'époque des Croisades au XIIe siècle et est décrit par l'UNESCO comme l'un des exemples les mieux conservés de châteaux médiévaux au Proche-Orient. Israël a mené une lutte sanglante pour s'emparer du site en 1982, lors de la Première guerre du Liban, délogeant l'Organisation de libération de la Palestine de Yasser Arafat. L'OLP, puis le Hezbollah, ont bombardé le château dans le but de déloger les forces israéliennes, qui sont restées sur le site pendant 18 ans avant de se retirer du sud du Liban en 2000.
Escalade malgré un cessez-le-feu nominal
La capture fait suite à des jours d'intensification des opérations terrestres et aériennes israéliennes. Selon les Casques bleus des Nations Unies, Israël a envoyé des chars et des troupes au Liban et lance des centaines de frappes par jour. Des chiffres fournis à NPR montrent plus de 3 300 projectiles et frappes aériennes lancés par Israël entre le 24 mai et l'après-midi du 30 mai, contre 187 projectiles tirés par le Hezbollah et ses alliés sur la même période.
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné l'incursion dans une allocution nationale samedi, déclarant : "Israël doit savoir que sa politique de la terre brûlée, ses punitions collectives et l'expropriation de villages et de villes n'apporteront pas la sécurité et la stabilité, mais approfondiront au contraire la fracture avec le peuple libanais." Le ministre de la Culture du Liban avait déclaré la semaine dernière, avant la chute du château, que le site avait déjà subi un impact direct d'une frappe israélienne.
Bilan des civils et réponse diplomatique
Les attaques et les démolitions israéliennes ont rasé des villages entiers dans le sud du Liban et ont déplacé plus de 1,2 million de personnes, selon les responsables libanais. Le ministère libanais de la Santé publique indique que plus de 3 300 personnes ont été tuées, les femmes, les enfants et les premiers intervenants représentant environ 20 % des décès. Israël, pour sa part, affirme que deux civils, 23 soldats et un contractuel militaire ont été tués dans des attaques du Hezbollah.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est rendu à la frontière nord d'Israël vendredi et a dit aux troupes de continuer à "frapper le Hezbollah sans relâche" et de "continuer avec grand succès jusqu'à ce que la mission soit accomplie". Les opérations terrestres se poursuivent malgré un cessez-le-feu négocié par les États-Unis, en vigueur nominalement depuis le 17 avril, et dont les responsables militaires israéliens et libanais ont discuté au Pentagone vendredi sans faire état de progrès.
Contexte du conflit plus large
Le Hezbollah, que l'Israël et les États-Unis désignent comme un groupe terroriste, a été formé dans les années 1980 pour contrer l'invasion israélienne du Liban. La dernière guerre entre Israël et le Hezbollah a débuté le 2 mars, lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes sur le nord d'Israël deux jours après que les États-Unis et Israël aient attaqué l'Iran, principal soutien du Hezbollah. Depuis lors, Israël a lancé une invasion terrestre et capturé des dizaines de villages et de villes libanais proches de la frontière, les opérations atteignant désormais la ville de Nabatiyeh, à plus de 20 miles de la frontière.
Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, un allié clé du Hezbollah, a déclaré qu'il pouvait garantir l'engagement "complet, global et immédiat" du Hezbollah à un cessez-le-feu. Le Liban et Israël doivent tenir leur prochaine série de pourparlers directs à Washington à partir de mardi.
Rapportant depuis Beyrouth et Tel Aviv, les correspondants ont noté que les forces israéliennes semblent se trouver à environ 20 miles à l'intérieur du sud du Liban, une profondeur de pénétration jamais vue depuis l'invasion de 1982. La partie libanaise lors des récentes discussions était représentée par l'armée du pays, mais n'incluait pas le Hezbollah.