Kiev, 02 juillet 2026
La Russie a lancé dans la nuit de mercredi à jeudi une attaque d'une ampleur exceptionnelle contre l'Ukraine, avec près de 500 drones et des dizaines de missiles et de missiles de croisière frappant Kiev et plusieurs autres villes, faisant au moins 25 morts dans la capitale.
Nouveautés depuis le 2 juillet 2026
Mise à jour du 2 juillet 2026 : Le bilan officiel à Kiev s'est alourdi à au moins 25 morts et une centaine de blessés, après que les autorités ukrainiennes ont recensé des dommages dans plus de 20 lieux de la capitale. Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a qualifié l'attaque de « plus lourde depuis le début de la guerre » et déclaré une journée de deuil pour vendredi. Le président Volodymyr Zelensky a annoncé des représailles contre la Russie.
Selon la force aérienne ukrainienne, la Russie a déployé au total 74 missiles et 496 drones au cours de cette attaque nocturne menée en plusieurs vagues. La défense aérienne ukrainienne a indiqué avoir intercepté 48 missiles et 476 drones, mais 25 missiles et 12 drones ont tout de même frappé 33 emplacements à travers le pays. Le Premier ministre ukrainien Ioulia Svyrydenko a précisé sur Telegram que la Russie avait tiré « près de 500 drones et plus de 70 missiles » sur l'Ukraine.
Dans la capitale, Kiev, qui compte environ trois millions d'habitants, a subi des dégâts dans l'ensemble de la zone métropolitaine. Des immeubles de plusieurs étages, dont un hôtel, ont pris feu et certains immeubles résidentiels ont été entièrement détruits, a rapporté le portail d'information The Kyiv Independent. Les secours fouillaient les décombres d'un immeuble résidentiel de neuf étages à la recherche de survivants, dont une adolescente de 15 ans et sa famille, selon le maire Klitschko.
Un déluge de drones et de missiles sur la capitale
Une résidente de Kiev, Iryna Plekhova, a écrit sur Facebook : « Notre maison brûle. L'attaque se poursuit toujours. Nous n'avons plus d'appartement. » Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiha, a déclaré que Kiev avait vécu une « nuit de l'horreur ». L'ambassadrice de l'UE en Ukraine, Katarina Mathernova, a affirmé que la Russie avait « déchaîné l'enfer sur Kiev ».
Le bilan provisoire fait état d'au moins 13 personnes tuées et plus de 90 autres blessées à Kiev selon le président Zelensky, qui a abrégé une visite en Irlande. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré à l'agence TASS que la Russie continuerait à accroître la pression sur Kiev pour atteindre ses objectifs déclarés, tout en affirmant que l'attaque ne visait que des cibles militaires ou adjacentes.
Au-delà de Kiev, l'alerte aérienne et des explosions ont été signalées dans d'autres villes ukrainiennes, notamment à Zaporijia et Pavlohrad dans le sud-est, ainsi qu'à Soumy et Kharkiv dans le nord-est du pays. Le gouverneur de Zaporijia, Ivan Fedorov, a fait état de trois blessés tôt le matin. À Odessa, le gouverneur Oleh Kiper a indiqué que 13 autres personnes avaient été blessées.
En représailles aux attaques ukrainiennes antérieures, le ministère russe de la Défense a cité plusieurs cibles à Kiev, dont les usines aéronautiques Antonov produisant des drones et deux usines de radio-électronique fabriquant des systèmes de contrôle pour drones et missiles. Moscou a également affirmé avoir détruit des usines d'électronique et un dépôt de carburant utilisés par l'armée ukrainienne. La Russie a indiqué avoir utilisé des armes de haute précision contre des cibles militaires, dont une usine produisant des systèmes de contrôle pour missiles ukrainiens Flamingo.
Les cibles invoquées par Moscou et la riposte russe
Le président russe Vladimir Poutine a été informé de l'attaque par le chef d'état-major général Valeri Guerassimov. Selon les informations rapportées, la Russie a tiré 24 missiles balistiques Iskander sur Kiev et environ 50 missiles de croisière de divers types, dont quatre missiles hypersoniques Zircon initialement conçus pour la lutte anti-navire.
Zelensky a appelé à un renforcement urgent de la défense aérienne, écrivant sur les réseaux sociaux que « le ravitaillement en défense aérienne pour l'Ukraine constitue une priorité absolue et critique ». Il a exprimé l'espoir que les États-Unis autorisent l'Ukraine à fabriquer des missiles d'interception Patriot sous licence, et a souligné l'importance des contributions au programme PURL, par lequel les États membres de l'OTAN achètent des armes aux États-Unis pour les transférer à l'Ukraine.
Les appels de Kiev à un renforcement de la défense aérienne
Le ministre ukrainien de la Défense, Rustem Umerov, et Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump, ont eu des entretiens au cours des deux derniers jours, selon Zelensky, qui a espéré une rencontre avec Trump en marge du sommet de l'OTAN à Ankara la semaine prochaine. La Pologne, membre de l'OTAN, a temporairement fait décoller des avions de chasse en réponse aux attaques, selon les rapports. Les avions AWACS de l'OTAN surveillent l'espace aérien le long de la frontière orientale de l'Alliance.
En signe de solidarité, la Finlande a brièvement restreint l'espace aérien au-dessus de la partie orientale du golfe de Finlande, en mer Baltique, comme l'a annoncé l'armée de l'air finlandaise sur la plateforme X. Kaja Kallas, chef de la diplomatie de l'UE, a exhorté à un soutien militaire continu pour l'Ukraine et annoncé qu'elle proposerait de nouvelles sanctions contre des entités approvisionnant l'industrie russe de l'armement. Elle a précisé : « Aujourd'hui, en réponse aux attaques, je proposerai de sanctionner d'autres entités et entreprises qui soutiennent le complexe militaro-industriel russe. »
L'Institut national de biochimie ukrainien a été gravement endommagé lors de l'attaque, a déploré le biologiste Iouri Danylovytch auprès de Reuters : « C'est une catastrophe pour la science médicale et biologique de l'Ukraine. » Un logement destiné au personnel diplomatique a également été touché ; les diplomates sont sortis indemnes mais leurs effets personnels ont été endommagés par l'incendie, selon les rapports. Plusieurs fournisseurs d'accès à Internet ont signalé des pannes à la suite de l'attaque.
Zelensky a prévenu mercredi, en marge d'une cérémonie pour la rotation de la présidence du Conseil de l'UE à Dublin, qu'une attaque russe à grande échelle était imminente, notant que de telles attaques avec des centaines de drones et des dizaines de missiles surviennent toutes les une à deux semaines. Il a déclaré : « Aujourd'hui, nous avons l'information désagréable concernant la prochaine préparation d'une telle attaque russe massive. » Peu après, des reporters du portail ont signalé des « explosions incroyablement fortes » qui se faisaient entendre jusque dans les abris antiatomiques souterrains.
Un avertissement formulé depuis Dublin
Les journalistes ont rapporté des « explosions incroyablement fortes » après les premiers impacts en soirée, et une nouvelle alerte aérienne a été déclenchée tôt le matin. Le portail The Kyiv Independent a décrit la vague d'attaques comme « l'une des plus violentes depuis le début de la guerre ». Des milliers d'habitants de Kiev se sont réfugiés dans des abris antiatomiques et des stations de métro pour échapper aux bombardements.
Selon une étude du Center for Strategic and International Studies (CSIS) de Washington, plus de deux millions de soldats ont été tués, blessés ou signalés disparus depuis le début de la guerre en février 2022 — dont 1,4 million côté russe. Le ratio entre pertes russes et ukrainiennes, qui se situait la plupart du temps entre 2:1 et 3:1, est estimé à 8:1 au premier semestre 2026, d'après la même étude.
Bilan humain du conflit et précédents
Le think tank de Washington a également constaté qu'au printemps 2026, pour la première fois depuis des années, les attaquants n'ont plus réussi à agrandir le territoire qu'ils contrôlent en Ukraine et ont même subi quelques gains territoriaux des Ukrainiens. Le rapport ajoute que les forces russes ont subi des pertes beaucoup plus importantes qu'auparavant dans la guerre défensive, avec une avancée lente et peu de gains territoriaux.
En réponse à l'attaque, le gouvernement ukrainien a demandé à l'UE de débloquer 6,6 milliards d'euros, et Zelensky a annoncé que des représailles seraient menées contre la Russie. Un garçon de dix ans a été grièvement blessé dans l'attaque à Kiev, et selon le maire Klitschko, ses parents n'ont pas été retrouvés sous les décombres, son grand-père l'accompagnant à l'hôpital.
Les autorités ont signalé que 70 personnes au total ont dû être hospitalisées à la suite de l'attaque. Selon le Kyiv Independent, les attaquants ont utilisé des drones de combat, des missiles et des missiles de croisière, dont certains ont touché un hôtel et le bâtiment d'un opérateur de télécommunications dans le centre de Kiev. L'attaque est largement considérée comme l'une des plus lourdes contre la capitale ukrainienne depuis le début de l'invasion russe il y a plus de quatre ans.
Ce déchaînement de violence constitue un nouveau palier dans la guerre aérienne que se livrent les deux pays, après deux semaines de relatif répit pour la population civile ukrainienne. La Russie continue d'exiger le retrait des troupes ukrainiennes des zones du Donbass qu'elle n'a pas réussi à conquérir en plus de quatre ans de guerre, comme condition préalable à la fin des combats, tout en menant une pression militaire constante sur les infrastructures urbaines ukrainiennes.
L'Ukraine reste vulnérable face aux missiles balistiques russes, malgré l'interception de nombreux drones et missiles de croisière par ses systèmes de défense aérienne, dont les Patriot américains et les Iris-T allemands fournis par l'Ouest. Zelensky a appelé la communauté internationale à intensifier son aide, insistant sur l'urgence de renforcer les capacités de défense aérienne pour protéger les civils ukrainiens face à cette escalade.
