Château de Beaufort pris par Israël : offensive au Liban sud | actualites360
Israël s'empare du château de Beaufort, une avancée stratégique majeure au Liban sud
Nabatieh, 31 mai 2026
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Summary
L'armée israélienne a hissé son drapeau sur la forteresse croisée de Beaufort, près de Nabatieh, marquant sa plus profonde incursion au Liban depuis plus de 25 ans. Le Premier ministre libanais Nawaf Salam dénonce une tentative d'effacer l'histoire, tandis que les affrontements avec le Hezbollah se poursuivent malgré le cessez-le-feu officiel.
Nabatieh, 31 mai 2026
Les forces israéliennes ont pris le contrôle du château médiéval de Beaufort, dans le sud du Liban, une position stratégique surplombant la région, a annoncé l'armée israélienne ce samedi.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a confirmé l'opération sur Telegram, écrivant que les unités israéliennes sont « auf den Gipfel von Beaufort zurückgekehrt » et qu'elles y ont de nouveau hissé le drapeau israélien. Une photographie diffusée par un reporter de la dpa montre l'étendard frappé de l'étoile de David flottant au sommet de la forteresse.
La prise de ce bastion, situé à une altitude de plus de 600 mètres près de la ville de Nabatieh et au nord du fleuve Litani, constitue l'avancée la plus profonde de l'armée israélienne en territoire libanais depuis plus d'un quart de siècle. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait déclaré vendredi que ses troupes avaient franchi le Litani, qui serpente à environ 30 kilomètres au nord de la frontière commune.
Un symbole historique au cœur des combats
Le château de Beaufort, une forteresse croisée édifiée au XIe siècle, est considéré comme un point d'observation crucial offrant une vue dégagée sur une grande partie du sud du Liban. L'armée israélienne l'avait déjà occupé durant la guerre du Liban de 1982 et s'en était servie comme base jusqu'à son retrait en l'an 2000. La dernière fois que le drapeau israélien y avait été hissé remonte à 26 ans.
Un porte-parole de l'armée israélienne a qualifié la forteresse de « Symbol der Arroganz » du Hezbollah, accusant la milice chiite pro-iranienne de disposer d'installations dans la zone et d'y lancer des attaques. Tsahal affirme cibler des rampes de lancement de roquettes de l'organisation dans ce secteur et promet une action résolue contre la milice.
La capture de Beaufort est intervenue après plusieurs jours de combats intenses contre le Hezbollah dans les localités environnantes, selon des sources militaires. Parallèlement, les sirènes d'alerte ont retenti à plusieurs reprises dans le nord d'Israël en raison de tirs en provenance du Liban. L'armée israélienne a également annoncé la mort d'un soldat de 21 ans, tué par un drone explosif du Hezbollah dans le sud du Liban, ainsi que la perte d'un autre militaire dans la même zone.
Évacuations massives et pression militaire
Face à l'escalade, l'armée israélienne a lancé un ordre d'évacuation d'une ampleur inédite depuis la veille du cessez-le-feu entré en vigueur à la mi-avril. Le porte-parole arabophone de Tsahal, Avichay Adraee, a écrit sur la plateforme X : « Bewohner des südlichen Libanon, Sie müssen sich sofort nördlich des Sahrani begeben », intimant aux habitants de toutes les zones situées au sud du fleuve Sahrani, à environ 40 kilomètres de la frontière, de se déplacer vers le nord.
Israël a justifié cet appel à évacuer en invoquant les attaques du Hezbollah contre son territoire. Ces derniers jours, l'État hébreu a élargi son opération militaire contre la milice et a déclaré une vaste portion du sud du Liban comme zone de combat. Des milliers d'enfants de plusieurs localités du nord d'Israël, proches de la frontière libanaise, ne peuvent actuellement pas se rendre à l'école en raison des tirs de drones et de roquettes du Hezbollah.
Le Hezbollah a revendiqué deux attaques contre les troupes israéliennes durant la nuit. La milice, dont l'objectif déclaré est la destruction d'Israël, n'est pas partie à l'accord de cessez-le-feu et rejette catégoriquement toute négociation avec l'État hébreu. Son chef, Naim Kassim, a appelé cette semaine au renversement du gouvernement libanais.
La condamnation de Beyrouth et le lourd bilan humain
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a vivement réagi à la destruction du sud du pays. Selon l'agence de presse nationale NNA, il a qualifié les attaques israéliennes de « Versuch, die Geschichte auszuradieren » et a estimé que les coûts de la guerre sont immenses pour le peuple libanais. Il a également averti que le Liban ne devait pas devenir un « Faustpfand » dans les conflits régionaux.
Depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, 25 Israéliens ont été tués, dont 24 soldats et un entrepreneur civil, selon les rapports israéliens. Du côté libanais, les chiffres officiels font état de plus de 3 000 morts. Malgré le cessez-le-feu formel entre Israël et le gouvernement libanais, qui n'est pas partie au conflit, les attaques mutuelles se poursuivent quotidiennement.
Le gouvernement libanais et Israël mènent des pourparlers sous médiation américaine et étaient parvenus à un accord de cessez-le-feu à la mi-avril. Cependant, le Hezbollah, qui était censé se retirer derrière le fleuve Litani selon cet accord, ne le reconnaît pas. La trêve n'existe plus que sur le papier, comme le soulignent des observateurs.
Un cessez-le-feu fragile dans une région sous tension
Dans un contexte régional tendu, les forces américaines ont annoncé avoir ouvert le feu sur un navire dans le golfe d'Oman qui tentait de contourner le blocus naval américain. Une autorité britannique a décrit la situation dans le détroit d'Ormuz comme restant difficile. Par ailleurs, le négociateur en chef iranien, Ghalibaf, a déclaré que l'Iran rejette un accord avec les États-Unis tant que les droits de la population ne sont pas garantis, alors que Téhéran insiste sur la libération de ses avoirs étrangers gelés et a repris sa production de gaz sur trois plateformes.
Le secrétaire américain à la Défense, Hegseth, a menacé de reprendre les frappes contre l'Iran, tandis que des médias américains rapportent qu'aucune décision n'a encore été prise concernant un accord avec Téhéran. Israël, de son côté, se prépare à davantage d'attaques de la part du Hezbollah.
Le ministre israélien de la Défense a précisé que les soldats resteraient dans la forteresse de Beaufort, qui fait désormais partie de la zone de sécurité israélienne. Cette déclaration ancre l'idée d'une présence prolongée sur ce site chargé d'histoire, qui fut déjà le théâtre d'affrontements durant les vingt années d'occupation israélienne ayant pris fin en 2000.
Questions & Réponses
Pourquoi le château de Beaufort est-il considéré comme une position stratégique ?
Situé à plus de 600 mètres d'altitude près de Nabatieh, le château de Beaufort offre une vue dégagée sur une grande partie du sud du Liban, ce qui en fait un point d'observation et de contrôle militaire crucial.
Quelle a été la réaction du Premier ministre libanais Nawaf Salam à la prise du château ?
Nawaf Salam a accusé Israël de détruire massivement le sud du Liban et a qualifié ces attaques de tentative d'effacer l'histoire, tout en insistant sur le fait que le Liban ne doit pas devenir un pion dans les conflits régionaux.
Quel est l'état actuel du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah ?
Un cessez-le-feu est officiellement en vigueur depuis la mi-avril, mais il n'existe que sur le papier car le Hezbollah ne le reconnaît pas et les attaques mutuelles se poursuivent quotidiennement.