Israël reprend les bombardements dans le sud du Liban tandis que le Hezbollah rejette le cessez-le-feu
Beyrouth, 14 juin 2026
AI-generated image (flux-2/pro-text-to-image via Kie.ai)
Summary
L'armée israélienne a bombardé le sud du Liban après avoir émis des avertissements d'évacuation pour 29 localités, tandis que le Hezbollah a rejeté la trêve en vigueur depuis avril. Le président libanais Aoun a qualifié la situation de « test » décisif pour le pays.
Beyrouth, 14 juin 2026
L'armée israélienne a repris ce samedi les bombardements dans le sud du Liban et a émis de nouveaux ordres d'évacuation pour des dizaines de localités, dans une escalade qui intervient malgré le cessez-le-feu formellement en vigueur depuis le 17 avril et qui a été rejeté par le Hezbollah.
Contexte : une trêve formelle ignorée sur le terrain
Selon l'Agence nationale d'information libanaise (NNA), des zones qui avaient fait l'objet d'ordres d'évacuation préalables ont été bombardées, notamment les villages de Rihan et Sudchud. "Gebiete, für die zuvor von Israel eine Evakuierungsanordnung herausgeben worden war, seien bombardiert worden, darunter die Dörfer Rihan und Sudchud", a rapporté l'agence étatique. À Rihan, dans le district méridional de Jesin, une personne a perdu la vie à la suite des attaques, selon la NNA.
Israël bombarde le sud du Liban ; le Hezbollah rejette la | actualites360
Précédemment, Avichay Adraee avait diffusé deux avis consécutifs sur le réseau social X : le premier pour 13 localités du sud libanais et le second pour 16 points supplémentaires au nord de la rivière Sahrani. Au total, les autorités militaires ont appelé les habitants de 29 localités à se déplacer vers le nord de la rivière Sahrani pour leur sécurité. L'armée israélienne a déclaré qu'elle agirait "mit aller Härte", c'est-à-dire avec toute la force, contre les objectifs du Hezbollah dans la zone.
Le portail israélien d'information ynet a rapporté qu'un drone a frappé aux abords de la localité frontalière de Schlomi, sans faire de blessés. L'armée israélienne a confirmé deux impacts près de la frontière avec le Liban et, quelques heures plus tard, a annoncé avoir intercepté un "feindliches Fluggerät", un dispositif aérien hostile, qui avait pénétré dans le nord d'Israël depuis le territoire libanais.
Avertissements d'évacuation et réponse du Hezbollah
Avant les appels à l'évacuation, le Hezbollah a attaqué le nord d'Israël avec des drones explosifs. Le Hezbollah lui-même a affirmé que ses combattants avaient mené des attaques aux drones contre des véhicules militaires israéliens dans le sud du Liban et a assuré avoir engagé des combats avec les forces israéliennes qui avançaient vers la localité de Majdal Sun. Le Hezbollah n'a pas répondu formellement au dernier incident en particulier.
La milice, qui agit au Liban, a rejeté le cessez-le-feu. "Die im Libanon agierende Hisbollah lehnt eine Waffenruhe ab", souligne-t-on dans les informations recueillies. "Eigentlich gilt im Libanon seit dem 17. April eine Waffenruhe", rappelle la presse, c'est-à-dire qu'en théorie un cessez-le-feu est en vigueur au Liban depuis le 17 avril, mais "Israel und die Hisbollah-Miliz greifen sich dessen ungeachtet weiter täglich an" : Israël et la milice du Hezbollah continuent de s'attaquer mutuellement chaque jour, en faisant fi de ce qui a été convenu.
Rejet du Hezbollah et appel du président Aoun
Début juin, Israël et le Liban avaient convenu, dans une nouvelle impulsion, de mettre en œuvre la trêve, mais le Hezbollah l'a rejetée. Le représentant parlementaire du Hezbollah, Ali Fajad, a exigé samedi que "jede Vereinbarung zur Beendigung der Kämpfe zu nutzen", c'est-à-dire que l'on saisisse toute accord pour mettre fin aux combats, tout en soulignant que le Liban devait d'abord abandonner "die Politik der Unterordnung gegenüber den Israelis und des Gehorchens gegenüber den Amerikanern", la politique de subordination envers les Israéliens et d'obéissance envers les Américains.
Le président libanais, Aoun, a déclaré samedi que le Liban fait face à une "Bewährungsprobe", une épreuve décisive. Sur le réseau social X, le chef de l'État a appelé les Libanais à "sich um einen souveränen Staat zu scharen, der das Waffenmonopol innehat", à se rassembler autour d'un État souverain qui détienne le monopole des armes, afin de ne plus être "Geisel der Logik der Milizen", otages de la logique des milices.
L'Iran et la diplomatie entre Washington et Téhéran
Le contexte régional ajoute à la complexité de la crise. Les attaques israéliennes au Liban constituent l'un des axes centraux des négociations entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre dans la région du Golfe. "Die israelischen Angriffe im Libanon sind einer der Kernpunkte bei den Verhandlungen zwischen Washington und Teherán zur Beendigung des Kriegs in der Golfregion", selon des sources diplomatiques.
L'Iran, allié du Hezbollah, cherche à ce qu'un accord-cadre avec les États-Unis pour terminer la guerre inclue également un cessez-le-feu au Liban. "Der Iran fordert, dass ein Waffenruhe-Abkommen den Libanon einschließt", c'est-à-dire que l'Iran exige qu'un accord de trêve englobe le Liban. Israël, en revanche, s'oppose fermement à lier les deux fronts (Iran et Liban) dans un même entendement.
Bilan humanitaire et zones affectées
Selon un haut responsable américain, "das derzeit diskutierte Abkommen tatsächlich auch den Libanon umfasst", l'accord actuellement en discussion inclut bien le Liban, bien que Washington ait indiqué précédemment qu'il traiterait cette question séparément. Cette évolution de la position américaine a généré des tensions supplémentaires avec Israël, qui défend la séparation des deux scénarios de guerre.
Le bilan humanitaire est dévastateur. "Libanesischen Angaben zufolge sind bei den israelischen Einsätzen im Libanon seit Anfang März mehr als 3.700 Menschen getötet worden" : selon les chiffres libanais, plus de 3 700 personnes ont été tuées dans les opérations israéliennes au Liban depuis le début du mois de mars, lorsque le pays a été entraîné dans la guerre de l'Iran. Vendredi soir, la NNA avait déjà signalé des tirs d'artillerie près de Nabatieh.
Samedi, une photographie datée du 12 juin 2026 montrait de la fumée s'élevant du lieu d'une frappe aérienne israélienne qui a touché la ville méridionale libanaise de Nabatieh. Ce même jour, le Hezbollah a assuré que ses combattants avaient fait face aux forces israéliennes qui avançaient vers une localité du sud du Liban, au moment où Israël poursuivait sa campagne de bombardements en territoire libanais.
Objectifs déclarés par Israël et conditions du Hezbollah
Vendredi, quatre incidents similaires avaient été enregistrés, au cours desquels certains des projectiles n'ont pas été interceptés, bien qu'ils n'aient pas causé de dommages significatifs, selon l'armée israélienne. La trêve formelle, en vigueur depuis avril, coexiste ainsi avec une dynamique de violence quotidienne qu'aucune des parties ne semble disposée à arrêter complètement.
Israël a déclaré que son objectif au Liban est de détruire le Hezbollah, "die Angriffe gegen israelische Soldaten im Süden des Libanons sowie aufs Nachbarland Israel fliegt", c'est-à-dire la milice qui lance des attaques contre les soldats israéliens dans le sud du Liban et contre l'État d'Israël lui-même. Dans le même temps, le gouvernement israélien aspire à conclure un accord de paix avec le gouvernement libanais qui prévoit le repli total des troupes terrestres.
Le Hezbollah, pour sa part, conditionne tout entendement au retrait complet des troupes terrestres israéliennes du Liban. Après la mort du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, la milice pro-iranienne a lancé des roquettes de manière répétée contre Israël, dans une escalade qui relie directement les fronts iranien et libanais et qui complique enormemente la recherche d'une sortie négociée au conflit.
La photographie qui accompagne les informations sur les attaques est créditée à Abbas Fakih, de l'agence AFP, et montre la dévastation laissée par les bombardements dans le sud du Liban, avec des colonnes de fumée visibles au-dessus des localités touchées. L'image illustre la persistance de la violence malgré les efforts diplomatiques en cours.