Des protocoles de messagerie issus du dossier… | actualites360
Des protocoles de messagerie issus du dossier d'enquête révèlent des contacts étroits entre les Identitaires et des responsables du FPÖ
Vienne, 21 juillet 2026
AI-generated image (z-image via Kie.ai)
Summary
Au centre des extraits publiés figure le responsable FPÖ de longue date au niveau d'arrondissement Heinrich Sickl, qualifié de "vétéran du FPÖ" à Graz par le…
Vienne, 21 juillet 2026
Sickl, figure centrale du réseau
Au centre des extraits publiés figure le responsable FPÖ de longue date au niveau d'arrondissement Heinrich Sickl, qualifié de "vétéran du FPÖ" à Graz par le "Standard". Selon la transcription d'un message vocal, Sellner se serait plaint auprès de Sickl que le FPÖ était "soit trop faible, soit sans intérêt pour aider les Identitaires". Il avait lancé à l'appel au parti en déclarant qu'on lui "laisserait encore quelques jours" pour signer une pétition en faveur des Identitaires.
Les enquêteurs considèrent que le conseiller municipal de Graz de l'époque, Sickl, et Sellner étaient "liés par une relation amicale". Sur plus de 110 courriels, les deux auraient échangé entre 2017 et 2019. D'après les protocoles, Sickl a intégré Sellner dans la refonte de la revue "Aula", l'organe de publication des corporations étudiantes, dans laquelle des rescapés du camp de concentration de Mauthausen avaient été qualifiés de "fléau" en 2015.
Du concept de "Aula" à "Freilich"
Trois mois avant la refonte prévue, Sickl avait demandé à Sellner : "As-tu une idée pour un nouveau titre de l''Aula' ?" Sellner avait alors envoyé un concept "semi-secret" pour le titre successeur, qui paraît encore aujourd'hui sous le nom de "Freilich". La rédaction de ce média a été critiquée à plusieurs reprises comme porte-voix des Identitaires et de la droite.
Lorsque le FPÖ hésitait en mai 2018 à soutenir la pétition, Sellner aurait menacé, selon les protocoles, de fonder son propre parti : "Si les Bleus se dérobent, il faudrait sans doute créer un parti propre." Il ne voulait "en aucun cas" recourir à cette option, car elle constituerait une "scission de la droite". La décision pourrait néanmoins tomber "par nécessité", car les Identitaires se sentiraient mieux protégés en tant que parti qu'en tant qu'association.
Menace de créer un parti
Toujours selon le reportage, les contacts ont également été entretenus de manière intensive avec Reinhard Teufel, à l'époque chef de cabinet du ministre de l'Intérieur FPÖ Herbert Kickl et actuel chef de groupe parlementaire FPÖ au Landtag de Basse-Autriche. Dès 2017, Sellner et Teufel seraient "tutoyés". Teufel signait ses courriels à Sellner par "LG Reinhard".
L'ancien chef de cabinet de Kickl, ami tutoyé
Les dossiers contiennent aussi l'indice concernant un ancien responsable FPÖ d'arrondissement qui, dès 2015, avait conseillé à Sellner de postuler à un poste de référent auprès du député FPÖ de l'époque Johannes Hübner. L'homme politique, décédé depuis, aurait échangé plus de 110 courriels avec Sellner. La méfiance envers les Identitaires était également perceptible tôt chez le futur chef du parti FPÖ Norbert Hofer : dès 2016, Hofer avertissait avoir "la crainte qu'ils évoluent dans une direction qui pourrait être dangereuse pour l'Autriche".
Les protocoles jettent par ailleurs un éclairage sur les tentatives des Identitaires d'exercer une influence dans les ministères dirigés par le FPÖ ou d'exploiter des faiblesses en personnel. Ainsi, les militants d'extrême droite avaient découvert qu'un "activiste antifasciste" travaillait au ministère des Sports du vice-chancelier de l'époque, Heinz-Christian Strache. Après qu'un sympathisant IB et responsable FPÖ eut "parlé avec le secrétaire général" au sein du ministère, le contrat de "l'antifasciste" aurait expiré.
Aperçus des ministères dirigés par le FPÖ
Un autre exemple : un responsable RFJ de l'époque écrivait dans un chat : "J'ai un problème massif si tu vas le répéter". L'indice montre à quel point les Identitaires traitaient avec sensibilité leurs connexions dans les bureaux gouvernementaux. Sollicités par le "Standard", ni Sickl ni Teufel n'ont réagi.
Dans le cadre des conversations, la "manifestation d'été" prévue fin juillet par les Identitaires au centre-ville de Vienne a également été abordée. Selon le mouvement, on explorait "toutes les possibilités", mais pour l'instant "il semble que l'on va purement et simplement interdire notre rassemblement, ou rendre impossible un déroulement adéquat par des conditions et des modifications d'itinéraire adaptées". La Direction de la police du Land de Vienne a déclaré mardi à l'APA que les rassemblements déclarés pour le 25 juillet se trouvaient encore en phase d'examen administratif.
"Manifestation d'été" annulée et incidents violents
Le "Standard" avait également rapporté la semaine précédente que la manifestation prévue samedi avait été interdite par les autorités. Sur les réseaux sociaux, l'IBÖ a appelé à ne pas venir à Vienne, l'événement étant interdit. La manifestation est considérée depuis des années comme un point de rencontre des extrême-droitistes et néonazis européens.
Récemment, les Identitaires ont fait plusieurs fois les gros titres en raison d'incidents violents. Une semaine seulement avant un message pertinent, une attaque violente a eu lieu devant le local de l'IB dans le 5e arrondissement de Vienne. Par ailleurs, Yannick W., suspect à Leoben et porte-parole des Identitaires viennois jusqu'à récemment, avait déjà bénéficié en 2025 d'une diversion pour une bagarre devant le Parlement, tout comme son adversaire.
Devant le tribunal de Graz, dans la procédure contre Sellner et d'autres cadres dirigeants, seules deux personnes de 18 ans ont pu être identifiées ; elles ont reçu des peines de 20 et d'une unité supplémentaire. Les autres accusés sont apparemment restés inconnus. Après le massacre de Christchurch en Nouvelle-Zélande en mars 2019 — au cours duquel l'auteur de l'attentat d'extrême droite avait viré un don de 1 500 euros à Sellner et les deux s'étaient invités mutuellement à se rendre visite —, les Libertéens ont effectivement coupé, dans un premier temps, leurs liens avec les Identitaires.
Le nouveau chef du parti FPÖ Herbert Kickl, qui considère les Identitaires comme une "ONG digne de soutien", ne s'est pas encore exprimé publiquement sur les protocoles. Sickl et Teufel sont également restés silencieux malgré les sollicitations. Les révélations issues du dossier d'enquête suggèrent toutefois que les imbrications personnelles et stratégiques entre le FPÖ et le mouvement Identitaire étaient, sur plusieurs années, bien plus denses qu'on ne le savait jusqu'ici.
Il aurait reçu les informations d'un certain "Michael", qui les tenait lui-même du secrétaire général FPÖ de l'époque, Harald Vilimsky, peut-on lire dans un autre échange. Il serait seulement "juste et nécessaire" d'en informer le FPÖ "au préalable, en raison de la bonne relation", écrivait un participant. La densité des contacts qui ressort des messages analysés dessine, pour les observateurs et observatrices, l'image d'une étreinte forgée au fil des ans entre la politique partisane de droite et un mouvement extraparlementaire.