Après les larmes contre l'Espagne : la mère du gardien cap-verdien Vozinha peut finalement se rendre aux États-Unis pour la Coupe du monde
Miami, 22 juin 2026
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Summary
Après le 0-0 émotionnel contre l'Espagne, la mère du gardien cap-verdien Vozinha n'avait dans un premier temps pas été autorisée à se rendre aux États-Unis – la caution pour le visa était trop élevée. Les autorités américaines ont désormais renoncé aux frais, et Ana Candida Evora est entrée dans le pays. Elle souhaite déjà encourager son fils lors du prochain match de groupe, lundi, contre l'Uruguay.
Miami, 22 juin 2026
Après des jours d'incertitude, la mère du gardien de but cap-verdien Vozinha a finalement été autorisée à entrer aux États-Unis et pourra encourager son fils en direct au stade lors du deuxième match de groupe contre l'Uruguay.
Contexte : la caution de visa et le système d'entrée aux États-Unis
La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre dans la délégation cap-verdienne aux États-Unis durant le week-end : Ana Candida Evora, la mère du gardien de l'équipe nationale Vozinha, a reçu son visa et a pu entrer dans le pays hôte de la Coupe du monde. C'est ce qu'a confirmé dimanche soir (heure locale) un porte-parole de la Fédération cap-verdienne de football lors d'une conférence de presse en amont du match de lundi (00h00 HAEC) contre l'Uruguay à Miami. La jeune femme de 39 ans peut donc acclamer en personne son fils de 40 ans au stade.
À l'origine de cette situation, un appel à l'aide lancé par le gardien juste après le sensationnel 0-0 de son équipe contre le favori pour le titre, l'Espagne, lors de la précédente journée. Les larmes aux yeux, Vozinha avait expliqué aux journalistes en zone mixte que sa mère n'avait pas pu se rendre aux États-Unis en raison d'une caution de visa exigée par les autorités américaines. « Elle n'a pas pu venir à cause du visa, à cause de l'argent que nous devons payer pour le visa », avait-il déclaré. Les images du gardien en pleurs, entouré d'un cercle de ses coéquipiers, ont fait le tour du monde.
Réactions : de Washington à Praia
Le gouvernement américain avait instauré, en invoquant des taux prétendument élevés de dépassements de visa, une caution pouvant aller jusqu'à 15 000 dollars pour les ressortissants d'une cinquantaine de pays. Selon une disposition du Département d'État, la caution est toutefois en principe levée pour les proches des participants à la Coupe du monde, dès lors que les autres conditions sont remplies. Un porte-parole du ministère a déclaré aux journalistes que ses services étaient en contact étroit avec la famille de Vozinha dans la capitale cap-verdienne Praia et avaient « fourni les prestations nécessaires ».
« Tous les proches de joueurs ont le droit d'être exemptés de la caution de visa, et le ministère prend activement contact avec la famille de ce joueur pour l'aider dans les démarches de visa », a déclaré le représentant. De plus, la caution sera levée pour « tous les proches de joueurs ». Auparavant, Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants des États-Unis, avait annoncé sur la plateforme X que les frais de visa avaient été annulés. « Aucune mère ne devrait manquer l'occasion de voir son enfant écrire l'histoire », a écrit Jeffries.
La voix de la mère : « Après le match, je le prendrai dans mes bras »
Ana Candida Evora s'est elle-même déclarée comblée de bonheur avant son départ. « Je suis très heureuse », a-t-elle dit. « Je pars là-bas pour le soutenir, lui donner force et courage. Après le match, je le prendrai dans mes bras. » À la BBC, elle a ajouté : « Si Dieu le veut, je verrai mon fils jouer à la Coupe du monde. » À son arrivée, elle a simplement déclaré : « Tout va si vite, mais je suis quand même très contente. »
Vozinha lui-même a accueilli la nouvelle avec soulagement et impatience. « Je suis très heureux. Mon père et mon frère seront également présents », a-t-il déclaré au camp de base de l'outsider. Il avait auparavant confié aux médias présents aux États-Unis : « Que ma mère vienne maintenant est quelque chose de très particulier. » La direction de la fédération a également salué explicitement cette évolution. On avait « travaillé en étroite collaboration avec ses kinésithérapeutes », indiquait un communiqué, annonçant par ailleurs que le voyage s'effectuerait « en conformité avec l'ensemble des directives, procédures et normes ».
De l'outsider à la star des réseaux sociaux
La prestation du gardien face à l'Espagne avait fait de ce portier jusque-là largement méconnu une figure du tournoi du jour au lendemain. Vozinha, qui évolue dans le deuxième championnat portugais avec Chaves, a repoussé sept tirs des Ibères, grands favoris, et a tenu en échec pendant 90 minutes l'équipe de cet État insulaire d'environ 530 000 habitants. « Nous n'avons pas réussi à temps, et j'aurais aimé l'avoir ici », avait-il dit en larmes après le coup de sifflet final. Beaucoup avaient pronostiqué une lourde défaite pour les Cap-Verdiens – au lieu de cela, ils ont obtenu le résultat le plus important de l'histoire du football du pays.
Ce succès a aussi rendu Vozinha instantanément célèbre sur les réseaux sociaux. Selon son entourage, le nombre de ses abonnés sur Instagram est passé d'environ 50 000 à quelque 11,6 millions (données arrêtées à mercredi). D'outsider gardien qu'il était, il était devenu une star des réseaux sociaux, dont le geste émotionnel après le coup de sifflet final a retenu l'attention internationale.
Perspective : un match difficile contre l'Uruguay à Miami
Sportivement, le Cap-Vert attend désormais une mission difficile mais réalisable. Dans la nuit de lundi (00h00 HAEC), l'équipe de l'entraîneur Amir Ghalenoei affronte l'Uruguay à Miami. Avec un point au compteur après le premier match, l'équipe est sous pression si elle veut préserver ses chances de qualification pour la phase à élimination directe. Si Vozinha parvient à rééditer sa performance étincelante face à l'Espagne, le soutien de sa famille dans les tribunes pourrait constituer un regain de motivation supplémentaire.
Cet épisode autour du visa met également en lumière les conditions de voyage pour les proches des joueurs issus de pays soumis à l'obligation de visa. L'équipe iranienne, par exemple, n'a été autorisée à entrer aux États-Unis qu'au jour du match et a dû quitter le pays immédiatement après. La Fédération iranienne de football a vivement critiqué ce procédé et a annoncé son intention de déposer une plainte officielle auprès de la FIFA. « Un chapitre sombre de l'histoire des Coupes du monde de football », a déclaré le secrétaire général de la fédération, Hedayat Mombeyni.
Contexte : les conditions de voyage des autres équipes – l'Iran annonce une plainte auprès de la FIFA
D'autres fédérations nationales n'ont en revanche pas signalé de problèmes comparables. Les familles de superstars comme Lionel Messi ont apparemment pu entrer régulièrement dans le pays. Messi lui-même avait mené l'Argentine, en larmes – et avec un triplé – à une victoire inaugurale 3-0 contre l'Algérie. « Chaque fois que Messi entre sur le terrain, cela devient historique et élégant », a déclaré l'ancien attaquant brésilien Ronaldo. Les larmes étaient toutefois cette fois liées à un problème de santé de son père Jorge, dont l'attaquant de 38 ans se remet actuellement.
Pour le Cap-Vert et Vozinha, l'histoire autour du visa a néanmoins connu une issue heureuse. Les images attendues lundi depuis le stade de Miami pourraient à nouveau faire le tour du monde : une mère qui encourage son fils dans les tribunes – et un gardien qui sait que sa famille le soutient dans l'un des matchs les plus importants de l'histoire du pays.
Des représentants de la fédération ont souligné dimanche soir que le soutien des autorités américaines avait été exemplaire. On avait « mis le cap sur le voyage pour le match », a-t-on indiqué du côté de la délégation cap-verdienne. L'équipe se prépare désormais avec concentration au match contre l'Uruguay, où un nouveau point pourrait maintenir en vie le rêve des huitièmes de finale.
Le Cap-Vert était considéré par de nombreux observateurs avant le tournoi comme un point garanti pour les adversaires. Le fait que l'équipe ait au contraire gardé sa cage inviolée face à l'Espagne et puisse désormais compter sur une large sympathie publique a encore rehaussé l'enjeu de sa présence aux États-Unis. Pour Vozinha, son père, son frère et sa mère, le match de Miami devient ainsi une réunion de famille sur la scène internationale.
Vozinha : la mère peut venir à la Coupe du monde – le | actualites360